De la même veine est le récit qu’as-Suyûtî rapporte dans « al-Jâmiʿ », d’après al-Hâkim dans « al-Kunâ », selon ʿÂʾisha, sous forme marfūʿ : « La tombe d’Ismaël se trouve dans le ḥijr (l’espace semi-circulaire attenant à la Kaʿba). »
Deuxième point : les tombes dont on prétend l’existence à l’intérieur de la Mosquée sacrée ne sont ni visibles ni proéminentes ; dès lors, personne ne s’y rend pour un acte de dévotion distinct d’Allah. Leur présence, enfouie dans le sous-sol du sanctuaire, ne cause donc aucun tort. Il devient ainsi impossible d’invoquer ces récits pour légitimer l’édification de mosquées sur des tombes érigées au-dessus du sol, car la différence entre les deux situations est évidente.
C’est la réponse qu’a formulée le shaykh ʿAlî al-Qârî — qu’Allah lui fasse miséricorde — dans « Marqât al-Mafâtîḥ » (1/456), après avoir cité l’avis du commentateur auquel j’ai fait allusion dans ma note :
« D’aucuns ajoutent que l’emplacement de la tombe d’Ismaël — sur lui la paix — se trouve dans le ḥijr, sous la gouttière, et que dans le ḥaṭîm, entre la Pierre noire et Zamzam, reposent les tombes de soixante-dix prophètes. » Al-Qârî conclut :