à cause de celui-ci et ne seront pas enivrés. » [al-Wāqi‘a : 17, 19]
« On leur donnera à boire un nectar », c’est-à-dire un breuvage pur, sans aucun mélange, qui ne nuit pas à la raison et ne cause aucun mal de tête, contrairement aux boissons de ce monde, qui altèrent la raison et provoquent des maux de tête. Ce nectar, en revanche, est parfaitement pur et ne comporte aucun mal. « Cacheté. Son cachet sera de musc » : ce qu’il en restera à la fin sera du musc, c’est-à-dire qu’il exhalera un parfum agréable, contrairement au vin de ce monde, dont l’odeur est repoussante.
Ainsi, parce que ces vertueux se sont privés, ici-bas, des plaisirs qu’Allah leur avait interdits, ceux-ci leur seront accordés au Jour de la Résurrection.
« Que ceux qui rivalisent rivalisent donc pour cela ! » C’est-à-dire : que ceux qui rivalisent se disputent avec ardeur cette récompense et cette rétribution ; qu’ils rivalisent dans une course si intense qu’elle les mène jusqu’à l’essoufflement. C’est une manière d’exprimer la rapidité avec laquelle ils concourent. On dit ainsi : « J’ai rivalisé avec lui », c’est-à-dire : je l’ai affronté dans une course qui m’a laissé à bout de souffle. Rivaliser dans le bien consiste à s’empresser d’obéir à Allah — Puissant et Majestueux soit-Il —, d’accomplir ce qui Le satisfait — Très-Haut soit-Il — et de s’éloigner de ce qui provoque Sa colère.
Puis Il dit — Puissant et Majestueux soit-Il — : « Son mélange proviendra du Tasnīm, une source où boiront les rapprochés. » Cela signifie que le breuvage servi à ces vertueux sera mélangé à l’eau du Tasnīm, une source élevée au sens propre comme au sens figuré. En effet, les fleuves du Paradis jaillissent d’al-Firdaws, qui est à la fois la partie la plus haute et la partie centrale du Paradis, tandis qu’au-dessus de lui se trouve le Trône du Seigneur — Puissant et Majestueux soit-Il —, comme cela est authentiquement rapporté du Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — (1).
Ce breuvage sera donc mélangé à cette eau délicieuse provenant du Tasnīm, autrement dit d’un lieu surélevé et éminent : le jardin d’Éden. « Une source où boiront les rapprochés » signifie que les rapprochés boiront de cette source, de ses eaux jaillissantes et de ses fleuves courants.
Quelqu’un demandera alors : pourquoi a-t-Il dit, littéralement : « une source avec laquelle boiront les rapprochés » ? Serait-ce un récipient que l’on porte, de sorte que l’on puisse dire : « Il a bu à l’aide du récipient » ?