— ce noble verset — que le registre des pervers se trouve dans Sijjīn. Les savants ont expliqué que le nom Sijjīn dérive de sijn (la prison), terme qui évoque l’étroitesse : il s’agit donc d’un lieu exigu. Ce lieu exigu est le feu de la Géhenne — qu’Allah nous en préserve —, comme Allah — Très-Haut soit-Il — l’a dit :
« Lorsqu’ils y seront jetés, enchaînés dans un espace exigu, ils appelleront alors leur anéantissement. “Aujourd’hui, n’appelez pas une seule fois l’anéantissement, mais appelez-le maintes fois !” » [Al-Furqān : 13-14]
Il est également rapporté dans le long et célèbre hadith d’al-Barā ibn Āzib, relatif à l’agonisant et à ce qui advient après la mort, qu’Allah — Très-Haut soit-Il — dit : « Inscrivez le registre de Mon serviteur — c’est-à-dire du mécréant — dans Sijjīn, dans la septième terre, la plus basse. » (1)
Sijjīn désigne donc les profondeurs les plus basses de la terre, où se trouve le séjour du Feu — qu’Allah nous en préserve. Ce registre se trouve ainsi dans Sijjīn. Puis Allah — Puissant et Majestueux soit-Il — souligne la gravité de Sijjīn en disant :
« Et qui te dira ce qu’est Sijjīn ? »
L’interrogation sert ici à en souligner la grandeur redoutable. Autrement dit : qu’est-ce donc qui t’a fait connaître Sijjīn ? As-tu mené des recherches à son sujet ? As-tu interrogé quelqu’un à son propos pour qu’on te l’explique ? Cette mise en relief peut tenir à l’éminence d’une chose, à son élévation et à sa hauteur, comme Allah — Très-Haut soit-Il — l’a dit :
« Kallā ! Le registre des pieux se trouve assurément dans Illiyyīn. » [Al-Mutaffifīn : 18]
Mais elle peut aussi tenir à son abaissement. Dans le cas de Sijjīn, elle ne tient donc pas à son éminence ni à son élévation, mais à son extrême profondeur.
Puis Allah — Très-Haut soit-Il — dit : « Un registre consigné. » Ici, « un registre » ne renvoie pas à Sijjīn, mais reprend « le registre » mentionné dans Sa parole : « Kallā ! Le registre des pervers… » Quelle est donc la nature de ce registre ? Il dit : « Un registre consigné », c’est-à-dire écrit, auquel rien ne sera ajouté ni retranché, et qui ne sera ni substitué ni modifié. Telle sera leur destination et leur demeure — qu’Allah nous en préserve — pour l’éternité.
« Malheur, ce jour-là, aux négateurs. » Nous avons déjà expliqué le terme « malheur » au début de cette sourate. « Ceux qui nient le Jour de la rétribution », c’est-à-dire le Jour de la rétribution des œuvres, qui est le Jour de la Résurrection. Allah menace de malheur ceux qui nient le Jour de la rétribution, car il leur est impossible de se conformer avec droiture à la Loi d’Allah. Seul celui qui croit au Jour de la rétribution peut observer avec droiture la Loi d’Allah, car celui qui ne