celui qui détient un prisonnier peut, à son gré, le libérer ou le garder captif. Il en va de même de la femme auprès de son mari : celui-ci peut, à son gré, divorcer d’elle ou la garder comme épouse. Elle est donc auprès de lui dans une situation comparable à celle d’un prisonnier ; qu’il craigne donc Allah à son sujet.
De même, nous voyons certains pères exiger de leurs enfants qu’ils s’acquittent parfaitement de leurs devoirs envers eux, alors qu’eux-mêmes négligent les droits de leurs enfants. Un tel père veut que ses enfants lui témoignent une parfaite piété filiale et s’acquittent de ses droits, par leurs biens, par leurs efforts physiques et par tout ce qui relève de la piété filiale. Or lui-même délaisse ses enfants et ne remplit pas ses devoirs envers eux. Nous disons qu’un tel homme est un « fraudeur », tout comme nous l’avons dit précédemment du mari qui exige de son épouse qu’elle s’acquitte intégralement de ses droits tout en lésant les siens. Ce père qui exige de ses enfants une parfaite piété filiale, alors qu’il néglige leurs droits, nous lui disons : « Tu es un fraudeur. » Et nous lui disons : rappelle-toi la parole d’Allah — Très-Haut soit-Il — :
« Malheur aux fraudeurs qui, lorsqu’ils se font servir une mesure par autrui, exigent qu’elle soit pleine, mais qui, lorsqu’ils mesurent ou pèsent pour les autres, les lèsent. »
Puis Allah — Très-Haut soit-Il — dit :
« Ces gens-là ne pensent-ils donc pas qu’ils seront ressuscités ? »
Autrement dit : n’ont-ils donc pas la certitude absolue qu’ils le seront ? Le verbe « penser » exprime ici la certitude, emploi fréquent dans le Coran, comme dans la parole d’Allah — Très-Haut soit-Il — :
« Ceux qui pensent qu’ils rencontreront leur Seigneur et qu’ils retourneront à Lui. » [al-Baqara :: 46]
Il dit : « Ceux qui pensent qu’ils rencontreront leur Seigneur », alors qu’ils ont la certitude qu’ils rencontreront Allah. En arabe, le verbe « penser » est en effet souvent employé au sens d’« être certain ». Allah — Puissant et Majestueux soit-Il — dit ici :
« Ces gens-là ne pensent-ils donc pas qu’ils seront ressuscités ? »
Ces gens n’ont-ils donc pas la certitude qu’ils seront ressuscités, c’est-à-dire tirés de leurs tombes devant Allah, Seigneur des mondes, « en vue d’un jour terrible » ? Ce Jour sera terrible, cela ne fait aucun doute, comme Allah — Très-Haut soit-Il — l’a dit :
« Le séisme de l’Heure sera une chose terrible. » [al-Hajj : 1]
Il sera terrible par sa longueur, par ses affres, par les événements qui s’y produiront et par tout ce que peut recouvrir le mot « terrible ». Toutefois, ce jour terrible sera difficile pour certains et facile pour d’autres. Allah — Très-Haut soit-Il — dit :
« Pour les mécréants, il ne sera pas facile. » [al-Muddaththir : 10]
Et Il dit :
« Les mécréants diront : “Voici un jour difficile.” » [al-Qamar : 8]