et refuse de s’acquitter du droit dont il est lui-même redevable tombe sous le coup de ce noble verset. Par exemple, le mari exige de son épouse qu’elle s’acquitte intégralement de ses droits et ne tolère aucune négligence à cet égard. Mais lorsqu’il s’agit de s’acquitter des droits de son épouse, il fait preuve de négligence et ne lui donne pas ce qui lui revient. Nombreuses sont les femmes qui se plaignent de ce genre de maris — qu’Allah nous en préserve ! En effet, beaucoup d’entre eux exigent de leur épouse qu’elle s’acquitte pleinement de leurs droits, alors qu’eux-mêmes ne respectent pas intégralement les siens. Il arrive même qu’un mari la prive de la majeure partie de ses droits : l’entretien matériel, la vie conjugale convenable et bien d’autres encore.
L’injustice commise envers autrui est plus grave que celle que l’homme commet envers lui-même à l’égard du droit d’Allah. En effet, cette dernière demeure soumise à la volonté divine, tant qu’elle est d’un degré inférieur au polythéisme : s’Il veut, Allah lui pardonne ; et s’Il veut, Il le châtie pour cela. En revanche, les droits des êtres humains doivent impérativement être acquittés. C’est pourquoi le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — demanda : « Qui considérez-vous comme l’homme ruiné parmi vous ? » Ils répondirent : « Chez nous, l’homme ruiné est celui qui ne possède ni dirham ni aucun bien. » Il dit alors : « L’homme véritablement ruiné de ma communauté est celui qui se présentera au Jour de la Résurrection avec des bonnes œuvres aussi considérables que des montagnes — en très grand nombre —, mais qui aura lésé untel, insulté untel, frappé untel et pris les biens d’untel. On donnera alors à celui-ci de ses bonnes œuvres, à celui-là de ses bonnes œuvres, et à cet autre de ses bonnes œuvres. Si celles-ci s’épuisent avant qu’il n’ait acquitté tout ce dont il est redevable, on prendra de leurs péchés, qui seront jetés sur lui, puis il sera jeté dans le Feu. » (1)
Mon conseil à ceux qui négligent les droits de leurs épouses est donc de craindre Allah — Gloire et Très-Haut soit-Il. Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a formulé cette recommandation lors du plus grand rassemblement qu’ait connu le monde musulman du vivant du Messager — paix et bénédictions d’Allah sur lui — : le jour de ʿArafa, pendant le pèlerinage d’Adieu. Il déclara : « Craignez Allah au sujet des femmes, car vous les avez prises sous la protection d’Allah et avez obtenu, par la parole d’Allah, le droit d’avoir des rapports intimes avec elles. » (2) Il nous a ainsi ordonné de craindre Allah — Très-Haut soit-Il — au sujet des femmes. Il a également dit : « Craignez Allah au sujet des femmes, car elles sont auprès de vous telles des captives. » (3) C’est-à-dire qu’elles sont dans une situation comparable à celle de prisonnières, car