D’autres, au contraire, se déprécient et poussent l’humilité jusqu’au laisser-aller et à l’indifférence, au point de vivre parmi les gens sans plus inspirer aucun respect. C’est également une erreur. L’être humain doit donc se tenir entre ces deux attitudes, conformément à la conduite du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges, lui ainsi que sa famille —, car il — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — se montrait ferme lorsque la fermeté était requise, et doux lorsque la douceur était de mise.
L’être humain doit ainsi allier la fermeté et la résolution à la douceur, à la compassion et à la miséricorde. ﴿Vous ne pouvez vouloir que si Allah le veut﴾ signifie qu’il vous est impossible de vouloir une chose sans qu’Allah ne l’ait préalablement voulue. La volonté humaine ne vient donc qu’après celle d’Allah — exalté et majestueux soit-Il. Si Allah le voulait, l’être humain ne voudrait pas. Et si Allah voulait qu’une chose n’advienne pas, elle n’adviendrait pas, quand bien même tu la voudrais. Même si tu la voulais alors qu’Allah — exalté soit-Il — ne la veut pas, elle ne se produirait jamais. Allah susciterait plutôt des causes qui s’interposeraient entre toi et cette chose afin qu’elle ne se réalise pas.
C’est là une question à laquelle l’être humain doit être attentif : il doit savoir qu’il accomplit ses actes de son plein gré, avec une volonté entière et sans aucune contrainte, mais que cette volonté demeure liée à celle d’Allah. Il doit savoir qu’il n’a voulu une chose qu’après qu’Allah l’a voulue et que, si Allah voulait qu’elle n’advienne pas, soit l’être humain ne la voudrait pas, soit il la voudrait, mais Allah l’en empêcherait au moyen de causes et d’obstacles.
﴿Seigneur des mondes﴾. Les mots ﴿Seigneur des mondes﴾ indiquent que la seigneurie d’Allah est universelle et embrasse toute chose. Il faut toutefois savoir que le terme « mondes », ici, n’a pas la même portée que dans Sa parole : ﴿Ce n’est qu’un rappel adressé aux mondes﴾. Dans cette première expression, ﴿un rappel adressé aux mondes﴾, les « mondes » désignent ceux auxquels le Messager a été envoyé. Ici, en revanche, dans ﴿Seigneur des mondes﴾, ce terme désigne tout ce qui est autre qu’Allah. Tout ce qui est autre qu’Allah appartient donc aux mondes, car il n’existe que le Seigneur et ce qui est soumis à Sa seigneurie. Ainsi, lorsque l’on dit « Seigneur des mondes », les « mondes » désignent nécessairement tout ce qui est autre qu’Allah. Comme l’a dit l’imam et maître de l’islam Muhammad ibn Abd al-Wahhāb — qu’Allah lui fasse miséricorde — : « Tout ce qui est autre qu’Allah appartient aux mondes, et je suis moi-même l’un d’eux. » (1).