la rectitude consiste en deux déviations : l’une vers l’excès et l’extrémisme, l’autre vers la négligence et les manquements. C’est pourquoi, dans la religion d’Allah — exalté soit-Il —, les gens se répartissent en trois catégories : deux extrêmes et une voie médiane. À un extrême se trouve celui qui exagère, dépasse les limites, se montre outrancier et intransigeant ; à l’autre, celui qui fait preuve de négligence, manque à ses devoirs et demeure insouciant. La troisième catégorie suit une voie médiane entre l’excès et la négligence, en restant droite sur la religion d’Allah : c’est elle qui est digne d’éloge. Quant au premier, qui verse dans l’excès, et au second, qui se détourne de la religion, tous deux vont à leur perte, chacun dans la mesure de son excès ou de ses manquements.
Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — a interdit l’extrémisme, l’excès, l’intransigeance et l’outrance, au point de dire : « Les outranciers courent à leur perte ! Les outranciers courent à leur perte ! Les outranciers courent à leur perte ! » En effet, l’outrance revient à s’imposer des difficultés et à sortir de la religion d’Allah — exalté soit-Il. De même, Allah a blâmé ceux qui sont négligents et insouciants en décrivant ainsi les hypocrites : ﴿Lorsqu’ils se lèvent pour accomplir la prière, ils s’y lèvent avec paresse﴾ [Les Femmes : 142].
La religion d’Allah constitue donc une voie médiane entre celui qui y verse dans l’excès et celui qui s’en détourne. C’est pourquoi Il dit ici : ﴿pour celui d’entre vous qui veut suivre la voie droite﴾. Il ne penche ni à droite ni à gauche, mais avance avec droiture sur la religion d’Allah — exalté soit-Il.
La rectitude concerne aussi bien la relation avec le Créateur — exalté soit-Il —, c’est-à-dire l’adoration, que la relation avec les créatures. Dans tes rapports avec les gens, tiens-toi donc entre deux extrêmes : d’un côté, la sévérité, la rudesse et le visage renfrogné ; de l’autre, le relâchement, la désinvolture, l’abandon de toute retenue et l’abaissement de sa propre dignité. Sois ferme sous un rapport et doux sous un autre. C’est pourquoi les juristes — qu’Allah leur fasse miséricorde — ont dit au sujet du juge : « Il convient qu’il soit doux sans faiblesse et fort sans violence. » Que sa douceur ne l’entraîne donc pas jusqu’à la faiblesse, ni sa force jusqu’à la violence. Il doit garder le juste milieu : doux sans faiblesse et fort sans violence, afin que les affaires suivent leur juste cours.
Certaines personnes, par exemple, traitent toujours les autres avec un visage renfrogné et avec dureté, tout en s’imaginant supérieures à eux et en les considérant comme leurs inférieurs. C’est une erreur.