— puissant et majestueux — : ﴿Et quand la fillette enterrée vivante sera interrogée : “Pour quel péché a-t-elle été tuée ?”﴾ Elle sera interrogée au Jour de la Résurrection : ﴿Pour quel péché a-t-elle été tuée ?﴾ A-t-elle donc commis un péché ? Si quelqu’un demande : « Comment peut-elle être interrogée alors qu’elle est la victime de l’injustice… celle que l’on a ensevelie ? Il se peut, de surcroît, qu’elle ait été enterrée alors qu’elle n’avait pas encore l’âge du discernement et que la plume consignant la responsabilité religieuse n’avait rien inscrit à sa charge. Comment pourrait-elle donc être interrogée ? » On lui répondra : elle sera interrogée afin de blâmer celui qui l’a enterrée vivante. Elle sera en effet questionnée devant lui, et il lui sera demandé : « Pour quel péché as-tu été tuée ? », ou : « Pour quel péché a-t-elle été tuée ? »
C’est comme si une personne en agressait une autre ici-bas, puis qu’on les conduisait devant le souverain ou le gouverneur. Celui-ci demanderait à la victime : « Pour quel péché cet homme t’a-t-il frappée ? », alors même qu’il sait qu’elle a subi une agression et n’a commis aucun péché. Cette question ne vise qu’à blâmer l’injuste. De même, on demandera à la fillette enterrée vivante pour quel péché elle a été tuée, afin de blâmer celui qui lui a fait subir cette injustice, l’a tuée et l’a ensevelie. Nous demandons à Allah de nous préserver.
﴿Et quand les feuillets seront déployés﴾ : le mot « feuillets » est le pluriel de « feuillet » ; ce sont les supports sur lesquels les œuvres sont consignées. Sache, ô être humain, que tout ce que tu accomplis, en parole ou en acte, est écrit et enregistré dans des feuillets par des dépositaires dignes de confiance, de nobles scribes qui savent ce que vous faites. Tout ce que tu accomplis est consigné jusqu’à ce que tu te présentes au Jour de la Résurrection. Allah — exalté soit-Il — dit en effet dans Son Livre : ﴿Nous avons attaché le destin de chaque homme à son cou﴾, c’est-à-dire ses œuvres, ﴿et, au Jour de la Résurrection, Nous lui ferons paraître un livre qu’il trouvera déployé﴾, c’est-à-dire ouvert. ﴿Lis ton livre ! Aujourd’hui, tu te suffis à toi-même pour faire ton propre compte﴾ [Le Voyage nocturne : 13-14].
Nos paroles, en cet instant même où nous parlons, sont consignées. Les propos que vous échangez sont consignés. Toute parole est consignée : ﴿Il ne prononce aucune parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire﴾ [Qāf : 18]. C’est pourquoi le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — a dit : « La bonne pratique de l’islam implique, pour une personne, de délaisser ce qui ne la concerne pas » (1). Il a également dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou qu’il se taise » (2), car tout sera inscrit à son compte. Or, plus les paroles d’un homme se multiplient, plus se multiplient