un feu. ﴿Quand les âmes seront appariées﴾ : le mot « âmes » est un pluriel qui désigne ici les êtres humains dans leur totalité. Leur appariement signifie que chaque catégorie sera réunie avec celle qui lui correspond, car le terme « paire » peut désigner une catégorie, comme dans la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿Vous formerez alors trois groupes﴾ [L’Événement : 7], c’est-à-dire trois catégories. Allah — exalté soit-Il — dit également : ﴿Et d’autres, de même nature, par couples﴾ [Sād : 58], c’est-à-dire diverses catégories. Il dit encore : ﴿Rassemblez les injustes et leurs semblables﴾ [Les Rangés : 22], c’est-à-dire ceux qui appartiennent aux mêmes catégories et leur ressemblent. Au Jour de la Résurrection, chacun sera donc réuni avec ses semblables : les gens de bien avec les gens de bien, et les gens du mal avec les gens du mal. Les membres de cette communauté seront eux aussi réunis les uns aux autres : ﴿Tu verras chaque communauté agenouillée﴾, seule de son côté. ﴿Chaque communauté sera appelée vers son livre : “Aujourd’hui, vous serez rétribués selon vos œuvres”﴾ [L’Agenouillée : 28].
Ainsi, ﴿Quand les âmes seront appariées﴾ signifie qu’elles seront classées et réunies les unes aux autres : chaque catégorie avec la sienne et chaque communauté avec ceux qui en font partie.
﴿Quand la fillette enterrée vivante sera interrogée : “Pour quel péché a-t-elle été tuée ?”﴾ La fillette enterrée vivante est celle que l’on enfouit sous terre alors qu’elle est encore en vie. À l’époque préislamique de l’ignorance, les gens agissaient ainsi en raison de leur ignorance, de leur mauvaise opinion d’Allah et parce qu’ils ne supportaient pas les railleries qu’ils s’adressaient mutuellement lorsqu’une fille naissait à l’un d’eux. Lorsque l’un d’eux apprenait la naissance d’une fille, son visage s’assombrissait tandis qu’il contenait sa rage, accablé de souci et de chagrin. ﴿Il se dérobe aux regards des gens﴾, c’est-à-dire qu’il se cache d’eux, ﴿à cause du malheur qui lui a été annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouir dans la terre ?﴾ [Les Abeilles : 59].
Autrement dit, lorsqu’on disait à l’un d’eux : « Nous t’annonçons qu’Allah vient de t’accorder une fille », il était gagné par le chagrin et l’inquiétude, le cœur rempli de peine et de souci. Il se mettait alors à réfléchir : devait-il garder cette fille dans la honte et l’humiliation, ou l’enfouir dans la terre pour en être débarrassé ? Les uns choisissaient la première solution et les autres, la seconde. Certains enterraient leur fille vivante, avant ou après qu’elle eût atteint l’âge du discernement. Il arrivait même que l’un d’eux creusât une fosse pour sa fille et que, lorsque de la terre atteignait sa barbe, celle-ci la lui enlevât, alors même qu’il creusait pour l’y enterrer, sans éprouver la moindre compassion à son égard. Cela montre toute la bassesse de l’époque de l’ignorance : les bêtes sauvages témoignent de la tendresse à leurs petits malgré leur nature sauvage, tandis que ces hommes n’en témoignaient aucune à leurs enfants. Il dit