à la troisième personne, par délicatesse envers le Prophète — qu’Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille, et le salue —, afin de ne pas lui adresser directement ces paroles dures et sévères, et afin aussi que nul membre de cette communauté ne tombe dans une faute semblable. Allah — glorifié et exalté soit-Il — a décrit Son noble Livre comme étant révélé ﴿en une langue arabe claire﴾, et cette tournure en est une illustration.
Ces versets prouvent également qu’il est permis de désigner une personne par un surnom tiré de l’un de ses traits, comme « l’Aveugle », « le Boiteux » ou « celui dont la vue est faible ». Les savants procédaient ainsi : al-Aʿraj rapporte d’Abū Hurayra, al-Aʿmash d’Ibn Masʿūd… et ainsi de suite.
Les savants ont dit que surnommer quelqu’un d’après un défaut ne présente aucun mal si le but est de l’identifier. En revanche, si l’intention est de le dénigrer, cela est interdit. Dans le premier cas, le besoin exige parfois que la personne soit ainsi identifiée ; dans le second, le but n’est pas de la faire reconnaître, mais de se réjouir malicieusement de son malheur. Il est rapporté dans une parole traditionnelle : « Ne manifeste pas de joie malveillante devant le malheur de ton frère : Allah pourrait lui accorder Sa miséricorde et t’éprouver. » (1)
﴿Périsse l’homme ! Qu’il est mécréant ! * De quoi l’a-t-Il créé ? * D’une goutte de sperme, Il l’a créé et façonné selon une juste mesure. * Puis Il lui a facilité la voie. * Puis Il l’a fait mourir et mettre au tombeau. * Puis, lorsqu’Il le voudra, Il le ressuscitera. * Mais non ! Il n’a toujours pas accompli ce qu’Il lui a ordonné. * Que l’homme considère donc sa nourriture : * c’est Nous qui avons abondamment déversé l’eau, * puis profondément fendu la terre, * et y avons fait pousser des grains, * des vignes et des plantes fourragères, * des oliviers et des palmiers, * des jardins luxuriants, * des fruits et des pâturages, * afin que vous en jouissiez, vous et vos troupeaux.﴾
À propos de ﴿Périsse l’homme !﴾, certains savants ont dit que ﴿Périsse﴾ signifie : « Qu’il soit maudit ! » Le sens qui ressort est plutôt : « Qu’il soit anéanti ! », car la mise à mort conduit à l’anéantissement. Il s’agit d’une tournure que les Arabes emploient pour réprouver l’attitude de la personne visée.