et l’âme reçoit l’heureuse annonce du Paradis. Allah — exalté soit-Il — dit : ﴿Ceux dont les anges reprennent l’âme alors qu’ils sont bons, et auxquels ils disent : “Que la paix soit sur vous !”﴾ [al-Nahl : 32].
Ils le leur disent au moment où ils reprennent leur âme : ﴿Entrez au Paradis en récompense de vos œuvres.﴾ Le croyant reçoit ainsi l’heureuse annonce du Paradis, et son âme sort, satisfaite, docile et sans difficulté. C’est pourquoi le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, évoquant cela, déclara : « Celui qui aime rencontrer Allah, Allah aime le rencontrer ; et celui qui déteste rencontrer Allah, Allah déteste le rencontrer » (1). Aïcha lui dit : « Ô Messager d’Allah, nous avons tous la mort en aversion. » Il lui expliqua alors que tel n’était pas le sens : « Lorsque le croyant reçoit, au moment de mourir, l’heureuse annonce qui lui est faite, il aime rencontrer Allah, aime la mort et celle-ci lui devient facile. »
Quant au mécréant, lorsqu’on lui annonce — qu’Allah nous en préserve — ce qui l’affligera au moment de mourir, il déteste rencontrer Allah. Son âme cherche alors à fuir et se disperse dans son corps, jusqu’à ce qu’elle lui soit arrachée comme on arrache une broche à crochets d’une masse de laine mouillée. Lorsque l’on fait passer cette broche à travers la laine mouillée — ce que connaissent bien les fileurs —, celle-ci est presque déchirée par la force avec laquelle on tire la broche. Il en va ainsi de l’âme du mécréant — qu’Allah nous en préserve — : elle se disperse dans son corps parce qu’on lui annonce le châtiment et qu’elle en est effrayée (2).
Le Paradis renferme donc ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qui n’a jamais traversé l’esprit d’un être humain. Or, l’être humain peut le percevoir avant sa mort à travers ce qui lui en est annoncé. Anas ibn al-Nadr — qu’Allah l’agrée — dit ainsi à Sa‘d ibn Mu‘ādh : « Ô Sa‘d ! Par Allah, je sens le parfum du Paradis en deçà d’Uhud » (3). Il ne s’agissait pas d’une simple perception intérieure, mais d’une perception réelle. Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Certaines personnes peuvent percevoir l’au-delà alors qu’elles sont encore ici-bas. » Puis Anas s’élança, combattit et fut tué — qu’Allah l’agrée.
En définitive, le Paradis renferme ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qui n’a jamais traversé l’esprit d’un être humain.