alors les cœurs en seront comme arrachés d’effroi et les cheveux du nouveau-né blanchiront. C’est pourquoi Il dit : ﴿Quant à celui qui aura transgressé et préféré la vie d’ici-bas﴾. Ce sont là les deux caractéristiques des gens de la Fournaise : la transgression, qui consiste à dépasser les limites, et le fait de préférer ce bas monde à l’au-delà en lui donnant la priorité. Ces deux caractéristiques sont indissociables : quiconque transgresse préfère nécessairement la vie d’ici-bas, et inversement. La transgression consiste donc à dépasser les limites. Or, la limite assignée à l’être humain est mentionnée dans la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent.﴾ [al-Dhāriyāt : 56].
Celui qui dépasse la limite qui lui a été assignée et n’adore pas Allah est donc le transgresseur, puisqu’il a outrepassé cette limite. Tu n’as pas été créé pour manger, jouir des délices et prendre du plaisir comme le fait le bétail ; tu as été créé pour adorer Allah. Adore donc Allah — glorifié et exalté soit-Il. Si tu ne le fais pas, tu auras transgressé. Telle est donc la transgression : que l’être humain ne s’acquitte pas de l’adoration d’Allah.
﴿Et préféré la vie d’ici-bas﴾ signifie qu’il lui aura donné la priorité sur l’obéissance à Allah — glorifié et exalté soit-Il. Par exemple, lorsque l’appel à la prière de l’aube est lancé, il préfère dormir plutôt que prier ; lorsqu’on lui dit : « Évoque Allah », il préfère les propos futiles à l’évocation d’Allah, et ainsi de suite… ﴿Il aura certes la Fournaise pour refuge﴾, c’est-à-dire qu’elle sera sa demeure. Le refuge est le lieu où l’on retourne et où l’on demeure. Quel détestable séjour que la Géhenne — qu’Allah nous en préserve !
﴿Quant à celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur﴾, cela signifie qu’il aura craint de se tenir devant Lui. En effet, au Jour de la Résurrection, Allah — glorifié et exalté soit-Il — fera reconnaître à l’être humain ses péchés lorsqu’Il le prendra à part et lui dira : « Tu as fait ceci, tu as fait cela, tu as fait telle autre chose », comme cela est rapporté dans un hadith authentique. Lorsqu’il les aura reconnus, Allah lui dira : « Je les ai cachés en ce monde et, aujourd’hui, Je te les pardonne » (1). Tel est celui qui aura redouté cette comparution.
﴿Et préservé son âme de ses passions﴾, c’est-à-dire de ses penchants contraires aux ordres d’Allah et de Son Messager. L’âme incite avec insistance au mal et n’ordonne que le mal. À l’opposé, il existe toutefois une autre âme : l’âme apaisée. L’être humain possède trois sortes d’âmes : l’âme apaisée, l’âme instigatrice au mal et l’âme qui ne cesse de se blâmer. Toutes trois sont mentionnées dans le Coran. Quant à l’âme apaisée, elle est mentionnée dans la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿Ô toi, âme apaisée ! Retourne auprès de ton Seigneur