entre les deux tient à ce que la crainte révérencielle procède d’une connaissance. Allah — Très-Haut soit-Il — dit : ﴿Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah﴾ [Le Créateur :: 28].
La peur, quant à elle, est une simple frayeur qui peut saisir l’être humain même sans aucune connaissance. Ainsi, l’homme peut craindre une chose qu’il imagine et qui n’a aucune réalité. Par une nuit noire, il peut apercevoir une silhouette qui n’est pas réelle et en être effrayé : il s’agit alors d’une frayeur fondée sur une illusion. La crainte révérencielle, en revanche, procède d’une connaissance.
Moïse — sur lui la paix — alla donc trouver Pharaon et lui transmit l’ordre qu’Allah lui avait donné : ﴿Voudrais-tu te purifier, et que je te guide vers ton Seigneur afin que tu Le craignes ?﴾ Les hommes ne croient ni n’acceptent qu’une personne prétende être un messager sans qu’elle leur présente un signe, de même que la prétention de quiconque n’est admise qu’avec une preuve. Allah — glorifié et exalté soit-Il — accorda donc à chaque messager un signe attestant sa véracité. Il dit ici : ﴿Il lui montra alors le signe suprême﴾, c’est-à-dire que Moïse montra à Pharaon le signe suprême.
Quel était ce signe ? Moïse avait avec lui un bâton de bois provenant des branches d’un arbre, comme chacun le sait. Lorsqu’il le posait à terre, celui-ci devenait un serpent qui se mouvait ; puis, dès qu’il le reprenait en main, il redevenait un bâton. C’est là l’un des signes d’Allah : un objet inerte, une fois posé à terre, devenait un serpent qui se mouvait ; puis, dès qu’il était ramassé, il retrouvait instantanément son état premier et redevenait un bâton semblable à tous les autres.
Allah envoya Moïse — sur lui la paix — avec ce signe, ainsi qu’avec celui de sa main : lorsqu’il la glissait dans l’ouverture de son vêtement, elle en ressortait blanche, sans aucun mal, c’est-à-dire sans aucune infirmité. Sa blancheur n’était pas celle de la lèpre, mais une blancheur qu’Allah avait instituée comme signe. Allah ne l’envoya avec le bâton et la main que parce qu’à l’époque de Moïse la magie était largement répandue. Allah — glorifié soit-Il — l’envoya donc avec ce qui triompherait des magiciens qui s’étaient dressés contre Moïse — sur lui la paix.
Les savants ont dit : « À l’époque de Jésus — sur lui la paix —, la médecine connut un essor considérable. Jésus vint donc avec une chose qui réduisait les médecins à l’impuissance : il lui suffisait de passer la main sur une personne atteinte d’une infirmité pour qu’elle guérisse. Lorsqu’on lui amenait quelqu’un souffrant d’une infirmité, quelle qu’elle fût, il passait la main sur lui et celui-ci guérissait, par la permission d’Allah : ﴿Il guérit