Exégèse de la sourate al-Falaq
﴿Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux﴾
﴿Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante * contre le mal de ce qu’Il a créé * contre le mal de l’obscurité lorsqu’elle s’étend * contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds * et contre le mal de l’envieux lorsqu’il envie. »﴾
L’explication de la basmala a déjà été donnée.
﴿Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante﴾ Le Seigneur de l’aube naissante est Allah. L’« aube naissante » désigne le point du jour. Mais ce terme peut recevoir un sens plus général et désigner tout ce qu’Allah — exalté soit-Il — fend ou fait éclore : l’aube, les noyaux et les grains. Allah — exalté soit-Il — dit en effet : ﴿Allah est certes Celui qui fend la graine et le noyau﴾, ainsi que : ﴿Celui qui fait poindre l’aube﴾.
﴿Contre le mal de ce qu’Il a créé﴾, c’est-à-dire contre le mal de l’ensemble des créatures, parmi lesquelles figure l’âme, car celle-ci ne cesse d’inciter au mal. Lorsque tu dis : « contre le mal de ce qu’Il a créé », ta propre âme est donc la première à être comprise dans cette expression. Il est ainsi dit dans le sermon du besoin : « Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre les maux de nos âmes. » (1) La parole ﴿contre le mal de ce qu’Il a créé﴾ englobe également les démons parmi les humains et les djinns, les animaux nuisibles et toute autre créature.
﴿Contre le mal de l’obscurité lorsqu’elle s’étend﴾ Le mot ghāsiq, rendu ici par « obscurité », a été interprété comme désignant la nuit. Selon une autre interprétation, il désigne la lune. L’avis juste est qu’il englobe l’une et l’autre. Qu’il désigne la nuit est attesté par cette parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿Accomplis la prière au déclin du soleil jusqu’aux ténèbres de la nuit﴾ [Le Voyage nocturne : 78]. La nuit est le moment où abondent les animaux nuisibles et les bêtes sauvages. C’est pourquoi le verset commande de chercher refuge contre le mal du ghāsiq, c’est-à-dire de la nuit.
Quant à la lune, il est rapporté dans un hadith que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — la montra à Aïcha et dit : « C’est elle, le ghāsiq. » (2) Cela tient uniquement