L’avis juste est que le verset a une portée plus générale : il englobe les enfants, les biens acquis qui ne sont plus en sa possession, ainsi que le rang et le prestige qu’il s’est gagnés. Tout ce qu’il avait acquis et qui rehaussait son rang et sa puissance ne lui sera d’aucune utilité :
« Ses biens ne lui ont été d’aucune utilité, ni ce qu’il a acquis. »
« Il brûlera bientôt dans un Feu plein de flammes. »
Dans le verbe traduit par « il brûlera bientôt », le préfixe sīn sert à exprimer le futur, tout en indiquant la certitude de sa réalisation et sa proximité. Cela signifie qu’Allah — exalté soit-Il — l’a menacé de brûler prochainement dans un Feu plein de flammes. En effet, aussi longtemps que puissent durer les jouissances et la vie de ce monde, l’au-delà demeure proche. Même pour ceux qui se trouvent dans le barzakh (la vie intermédiaire), les longues années qui s’écoulent leur paraîtront n’avoir duré qu’une heure :
« Le jour où ils verront ce qui leur est promis, il leur semblera n’être demeurés qu’une heure du jour. Voilà un message. Qui donc périra, sinon les gens pervers ? » [al-Ahqāf : 35].
Or, ce qui n’équivaut qu’à une heure du jour est assurément proche.
« Ainsi que sa femme, porteuse de bois. »
Cela signifie que sa femme sera, elle aussi, avec lui dans le Feu. Elle appartenait pourtant aux notables de Quraysh, mais son rang ne lui fut d’aucune utilité, car elle partagea avec son époux l’hostilité, le péché et la persistance dans la mécréance.
L’expression « porteuse de bois » a été lue aussi bien à l’accusatif qu’au nominatif. À l’accusatif, elle constitue un complément circonstanciel d’état se rapportant au mot « femme » : sa femme, alors qu’elle portait du bois. Elle peut également être à l’accusatif pour exprimer le blâme, car une épithète détachée peut être mise à l’accusatif dans ce but. Le sens est alors : « Je blâme la porteuse de bois. » Selon la lecture au nominatif, l’expression est une épithète qualifiant le mot « femme » :
« Porteuse de bois. »
Le terme « porteuse » est ici une forme intensive : elle en transportait donc abondamment. Il est rapporté qu’elle portait du bois garni d’épines et le déposait sur le chemin du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — afin de lui nuire.
« À son cou, une corde de fibres de palmier. »
Le terme jīd désigne le cou ; la corde est bien connue, et le masad désigne ici les fibres de palmier.
Cela signifie qu’elle portait autour du cou une corde faite de ces fibres et sortait avec elle dans le désert afin de lier le bois qu’elle rapportait pour le déposer sur le chemin du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve. Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre une telle conduite. Cela témoigne de la bassesse de ses vues et du fait qu’elle s’avilissait elle-même, elle qui était une femme de Quraysh issue de l’un de ses plus illustres clans