sa personne même, car les mains sont les instruments de l’action et du mouvement, de la prise et du don, ainsi que de toute chose semblable.
Ce surnom, Abū Lahab, convient parfaitement à son état et à sa destinée. La raison en est que cet homme sera plongé dans un Feu ardent, aux flammes immenses, qui correspondra pleinement à son état et à sa fin. Le poète a dit :
« Tu ne verras guère un homme porter un surnom
sans en saisir le sens, si tu médites ce surnom. »
Lorsque Suhayl ibn Amr se présenta lors de l’expédition d’al-Hudaybiya, le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — déclara : « Voici Suhayl ibn Amr. À mon sens, cela ne peut signifier qu’une chose : votre affaire vous est facilitée » (1), car le nom correspond à ce qui advint.
Allah — glorifié et exalté soit-Il — dit :
« Ses biens ne lui ont été d’aucune utilité. »
Dans ce passage, la particule mā peut avoir une valeur interrogative. Le sens serait alors : « À quoi ses biens et ce qu’il a acquis lui ont-ils servi ? » La réponse est : à rien. Elle peut également avoir une valeur négative : ses biens ne lui ont été d’aucune utilité ; autrement dit, ni ses biens ni ce qu’il a acquis ne lui ont servi en quoi que ce soit. Ces deux interprétations sont indissociables et reviennent au même : ses biens et ce qu’il a acquis ne lui ont été d’aucune utilité.
Pourtant, les biens sont habituellement utiles. Une personne peut s’en servir pour racheter sa liberté : si un ennemi se rend maître d’elle et qu’elle lui dise : « Je te donnerai telle et telle somme, alors relâche-moi », il la relâchera, même s’il peut exiger une somme importante ou modique. Si elle tombe malade, ses biens lui seront utiles ; si elle a faim, ils lui seront utiles. Les biens sont donc utiles. Toutefois, une utilité qui ne sauve pas leur propriétaire du Feu n’en est pas véritablement une. C’est pourquoi Il dit :
« Ses biens ne lui ont été d’aucune utilité »,
c’est-à-dire qu’ils ne lui servirent en rien face au châtiment d’Allah.
Quant à Sa parole :
« ni ce qu’il a acquis »,
il a été dit qu’elle désignait les enfants qu’il avait eus. Ce serait comme s’Il avait dit : « Ni ses biens ni ses enfants ne lui ont été d’aucune utilité. » Cela est comparable à cette parole de Noé :
« Et ils ont suivi ceux dont les biens et les enfants n’ont fait qu’accroître la perte » [Noé : 21].
Ils ont donc interprété les mots : « ni ce qu’il a acquis » comme désignant ses enfants. Ils ont étayé cette interprétation par la parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : « Ce que vous mangez de meilleur est ce que vous avez gagné vous-mêmes, et vos enfants font partie de ce que vous avez gagné » (2).