Quant à celui qui lui apporta soutien et assistance tout en demeurant dans la mécréance, ce fut Abū Tālib. Celui-ci se tint admirablement aux côtés du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — pour le défendre et le soutenir. Mais — qu’Allah nous en préserve — la sentence du châtiment avait déjà été prononcée contre lui. Il n’embrassa pas l’islam : même au terme de sa vie, dans son tout dernier instant en ce monde, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — l’invita à embrasser l’islam, mais il refusa. Il mourut même en déclarant qu’il suivait la religion de Abd al-Muttalib (1). Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — intercéda donc en sa faveur, si bien qu’il se trouve dans une faible profondeur du Feu, chaussé de deux sandales qui font bouillir son cerveau (2).
Quant au troisième, celui qui s’obstina dans l’hostilité et l’opposition, ce fut Abū Lahab. Allah révéla à son sujet une sourate entière, récitée dans les prières obligatoires comme surérogatoires, en privé comme en public. Celui qui la récite en est récompensé à raison de dix bonnes actions pour chaque lettre.
Allah — glorifié et exalté soit-Il — dit :
« Que périssent les deux mains d’Abū Lahab, et que lui-même périsse ! »
C’était une réponse à Abū Lahab. En effet, lorsque le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — les réunit pour les appeler à Allah, leur annonçant la bonne nouvelle et les avertissant, Abū Lahab lui dit : « Puisses-tu périr ! Est-ce pour cela que tu nous as réunis ? » (3)
Les mots : « Est-ce pour cela que tu nous as réunis ? » expriment le mépris. Autrement dit : « Voilà une affaire insignifiante, qui ne mérite pas que l’on réunisse pour elle les chefs de Quraysh. » Cela ressemble à cette parole :
« Est-ce là celui qui mentionne vos divinités ? » [Les Prophètes : 36].
L’intention est de le rabaisser, comme s’il n’était rien et ne méritait aucune attention. C’est également ce qu’ils exprimèrent en disant :
« Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre ce Coran sur un homme important de l’une des deux cités ? » [L’Ornement : 31].
En somme, Abū Lahab dit : « Puisses-tu périr ! Est-ce pour cela que tu nous as réunis ? » Allah lui répondit alors par cette sourate :
« Que périssent les deux mains d’Abū Lahab, et que lui-même périsse ! »
Le terme « perdition » signifie ici la ruine, comme dans cette parole du Très-Haut :
« La ruse de Pharaon ne mène qu’à la ruine » [Le Pardonneur : 37],
c’est-à-dire à la perte. Et Il a commencé par mentionner ses deux mains avant