disions que le Coran comporte des répétitions dénuées de toute utilité, cela signifierait qu’il contient des propos vains, alors qu’il en est exempt. Ainsi, la répétition de ﴿ Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? ﴾ dans la sourate al-Rahmān, et celle de ﴿ Malheur, ce jour-là, à ceux qui crient au mensonge ! ﴾ dans la sourate al-Mursalāt, répondent à une immense sagesse : chaque verset placé entre deux occurrences de ces refrains renferme de grands bienfaits et d’immenses faveurs. Elles présentent également une utilité stylistique, puisqu’elles attirent l’attention de l’interlocuteur par la répétition de ﴿ Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? ﴾ et de ﴿ Malheur, ce jour-là, à ceux qui crient au mensonge ! ﴾.
Puis Il dit, glorifié et exalté soit-Il : ﴿ À vous votre religion, et à moi ma religion. ﴾ ﴿ À vous votre religion ﴾, celle que vous suivez et professez ; et à moi ma religion. Je désavoue donc votre religion, et vous désavouez la mienne.
Certains savants ont dit : « Cette sourate fut révélée avant la prescription du jihād, car, après celle-ci, le mécréant n’est autorisé à demeurer dans sa religion qu’en contrepartie de la jizya, s’il appartient aux gens du Livre — ou même s’il n’en fait pas partie, selon l’avis prépondérant. »
Mais l’avis juste est qu’elle ne contredit nullement l’ordre du jihād, de sorte qu’il faille la considérer comme abrogée. Elle demeure au contraire applicable, et nous devons désavouer la religion des juifs, des chrétiens et des polythéistes en tout temps et en toute circonstance. C’est pourquoi nous permettons aux juifs et aux chrétiens de demeurer dans leur religion en contrepartie de la jizya : nous adorons Allah, tandis qu’ils adorent ce qu’ils adorent. Cette sourate exprime ainsi le désaveu et le renoncement à l’adoration de tout autre qu’Allah, glorifié et exalté soit-Il, qu’il s’agisse de l’être adoré ou de la nature de l’acte. Elle affirme également la consécration exclusive du culte à Allah, glorifié et exalté soit-Il : nous ne devons adorer qu’Allah, seul et sans associé. Ainsi s’achève ce qu’il nous a été donné d’exposer au sujet de cette sourate.