au sens de « couper » ; autrement dit, c’est lui qui est véritablement retranché, coupé de tout bien. En effet, les mécréants de Quraysh disaient : « Muhammad est retranché : il n’y a aucun bien ni aucune bénédiction en lui, pas plus que dans le fait de le suivre. » Ils le qualifièrent ainsi lorsque son fils al-Qāsim — qu’Allah l’agrée — mourut. Ils dirent : « Muhammad est sans descendance : aucun enfant ne lui naîtra et, même s’il lui en naissait un, sa lignée serait interrompue. » Allah, Puissant et Majestueux, montra alors que le véritable retranché était celui qui détestait le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : c’est lui qui est coupé de tout bien, dépourvu de toute bénédiction et dont la vie ne sera pour lui que regret.
Si tel est le cas de celui qui déteste le Messager, il en va de même de celui qui déteste sa Loi. Quiconque déteste la Loi du Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, l’un des rites de l’islam ou quelque acte d’obéissance par lequel les gens adorent Allah dans la religion musulmane est mécréant et sort de la religion, conformément à la parole d’Allah Très-Haut : ﴿ Il en est ainsi parce qu’ils ont détesté ce qu’Allah a révélé ; Il a donc rendu leurs œuvres vaines ﴾ [Muhammad : 9]. Or, les œuvres ne sont rendues vaines que par la mécréance. Quiconque déteste le caractère obligatoire des prières est donc mécréant, même s’il les accomplit ; et quiconque déteste le caractère obligatoire de la zakāt est mécréant, même s’il s’en acquitte. Quant à celui qui les trouve pénibles sans pour autant les détester, il possède l’un des traits de l’hypocrisie, mais ne devient pas mécréant. Il existe en effet une différence entre trouver une chose pénible et la détester.
Cette sourate expose donc le bienfait qu’Allah a accordé à Son Messager — qu’Allah le couvre d’éloges, ainsi que sa famille, et le préserve — en lui donnant un bien abondant. Elle lui ordonne ensuite de vouer exclusivement à Allah, Puissant et Majestueux, les prières et le sacrifice, ainsi que toutes les autres adorations. Elle montre enfin que celui qui déteste le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — ou quoi que ce soit de sa Loi est lui-même le retranché, dépourvu de tout bien et de toute bénédiction. Nous demandons à Allah de nous accorder préservation et salut.