Allah à Son prophète Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges, ainsi que sa famille, et le préserve —. Après avoir mentionné la grâce qu’Il lui avait faite en lui accordant ce bien abondant, Il dit : ﴿ Accomplis donc la prière pour ton Seigneur et sacrifie ﴾, c’est-à-dire : en signe de gratitude envers Allah pour cet immense bienfait, prie et sacrifie exclusivement pour Lui.
La prière désigne ici l’ensemble des prières. Au premier chef, cela comprend celle qui est associée au sacrifice, à savoir la prière de la fête du Sacrifice. Toutefois, le verset a une portée générale : ﴿ Accomplis donc la prière pour ton Seigneur ﴾, qu’il s’agisse des prières obligatoires ou surérogatoires, des prières des fêtes ou de celle du vendredi. ﴿ Et sacrifie ﴾, c’est-à-dire : rapproche-toi de Lui par le sacrifice. Le terme employé ici désigne spécialement le sacrifice des chameaux, tandis que, pour les bovins et les ovins, on parle d’égorgement rituel. Le sacrifice des chameaux a néanmoins été mentionné, car ceux-ci profitent davantage aux pauvres que les autres bêtes.
Ainsi, lors du pèlerinage d’Adieu, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — offrit cent chameaux en sacrifice. Il en immola lui-même soixante-trois, puis confia le reste à Alī ibn Abī Tālib — qu’Allah l’agrée —, qui les immola. Il donna en aumône toutes leurs parties, à l’exception d’un morceau de chaque chamelle : il les fit mettre dans une marmite et cuire, puis mangea de leur chair et but de leur bouillon. Il ordonna même que leurs caparaçons et leurs peaux fussent donnés en aumône (1) — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve.
L’ordre formulé dans ce verset s’adresse à lui comme à la communauté. Nous devons donc vouer exclusivement à Allah notre prière et nos sacrifices, tout comme notre Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — en a reçu l’ordre.
Puis Il dit : ﴿ Celui qui te hait est, lui, le retranché ﴾. Cela vient en contrepoint du don d’al-Kawthar. Il dit : ﴿ Celui qui te hait est, lui, le retranché ﴾. L’expression « celui qui te hait » signifie : celui qui te déteste ; le nom correspondant désigne la haine. C’est ainsi qu’Allah Très-Haut dit : ﴿ Que l’aversion envers un peuple, parce qu’il vous a empêchés d’accéder à la Mosquée sacrée, ne vous pousse pas à transgresser ﴾ [al-Mā’ida : 2]. Autrement dit : que la haine que vous lui portez ne vous pousse pas à transgresser. Il dit également : ﴿ Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes ﴾ [al-Mā’ida : 8]. Autrement dit : que la haine que vous lui portez ne vous pousse pas à renoncer à l’équité. ﴿ Soyez équitables : cela est plus proche de la piété. ﴾ Ainsi, dans Sa parole : ﴿ Celui qui te hait ﴾, cela signifie : celui qui te déteste. ﴿ Est, lui, le retranché ﴾ : le terme al-abtar (« le retranché ») est une forme de superlatif dérivée de batara