de marquer une pause et de dire : ﴿ Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison ﴾, puis de reprendre : ﴿ Celui qui les a nourris ﴾. En effet, si tu enchaînais en disant : « le Seigneur de cette Maison qui les a nourris », l’auditeur pourrait penser que le relatif « qui » qualifie la Maison. Or cette interprétation est fort éloignée du sens voulu et ne saurait être recevable.
﴿ Celui qui les a nourris contre la faim et les a mis à l’abri de la peur ﴾ : Allah expose ainsi le bienfait qu’Il leur a accordé, dans ses dimensions apparente et intérieure. Les nourrir contre la faim les préserve de périr en raison d’un besoin intérieur : la nourriture qu’ils consomment. Quant au fait de les mettre à l’abri de la peur, il les protège d’un péril extérieur, car celle-ci se manifeste lorsque le pays est encerclé par l’ennemi, que ses habitants vivent dans la peur, n’osent plus sortir et demeurent dans leurs refuges. Allah leur rappelle donc ce bienfait par Sa parole : ﴿ et les a mis à l’abri de la peur ﴾.
Le lieu le plus sûr sur terre est La Mecque. C’est pourquoi on n’y coupe aucun arbre, on n’y fauche aucune herbe, on n’y ramasse aucun objet trouvé, on n’y chasse aucun gibier et aucun sang n’y est versé. Ces particularités ne se retrouvent dans aucune autre contrée, pas même à Médine. Celle-ci est certes sacrée et possède un sanctuaire, mais son caractère sacré est très inférieur à celui du sanctuaire de La Mecque. Aucun musulman qui ne s’est encore jamais rendu à La Mecque ne peut y venir autrement qu’en état de sacralisation, tandis qu’il n’en va pas ainsi de Médine. Dans le sanctuaire de La Mecque, l’herbe et les arbres sont inviolables sans exception ; dans celui de Médine, en revanche, une dérogation a été accordée pour certains arbres en raison des besoins de l’agriculture et d’autres usages semblables. Chasser le gibier de La Mecque est interdit et donne lieu à une compensation, tandis que la chasse dans le sanctuaire de Médine n’en entraîne aucune.
Le lieu jouissant de la plus grande sécurité est donc La Mecque : même les arbres et le gibier y sont en sécurité. Si Allah — Très-Haut — n’avait pas facilité les choses à Ses serviteurs, il leur serait même interdit d’y tuer les animaux qui ne sont pas du gibier. Mais Allah — Très-Haut — leur a fait miséricorde et leur a permis d’égorger et d’immoler leurs bêtes en ce lieu. Allah leur a rappelé ce bienfait dans Sa parole : ﴿ Ne voient-ils pas que Nous avons établi un sanctuaire sûr, tandis qu’autour d’eux les gens sont enlevés de force ? ﴾ [Al-Ankabūt : 67]. Autrement dit : ne rendent-ils donc pas grâce à Allah pour cela ?! Cette sourate tout entière rappelle ainsi aux Quraysh les bienfaits dont Allah les a comblés dans cette auguste Maison, ainsi que la sécurité contre