Maison ; ou bien ce fā peut marquer la conséquence. Dans les deux cas, il repose sur ce qui précède : en raison de ces immenses bienfaits, ils doivent donc adorer Allah. L’adoration consiste à s’humilier devant Allah — exalté soit-Il — par amour et vénération. Adorer Allah, pour l’être humain, c’est s’humilier devant Lui en écoutant et en obéissant : lorsqu’un ordre d’Allah et de Son Messager lui parvient, il dit : « Nous avons entendu et obéi » ; et lorsqu’une information lui parvient, il dit : « Nous avons entendu et cru », le tout avec amour et vénération. Par amour, l’être humain accomplit les commandements ; par vénération, il délaisse les interdits, par crainte d’Allah, l’Immense — exalté soit-Il. Tel est l’un des sens de l’adoration. Ce terme désigne également les actes mêmes par lesquels Allah est adoré. C’est en ce sens que le cheikh de l’islam Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — l’a définie en disant : « L’adoration est un terme qui englobe tout ce qu’Allah aime et agrée parmi les paroles et les actes, apparents comme intérieurs. »
Sa parole : ﴿ le Seigneur de cette Maison ﴾ désigne la Kaaba vénérée. Allah — Très-Haut — Se l’est attribuée dans Sa parole : ﴿ Purifie Ma Maison pour ceux qui accomplissent les circumambulations, ceux qui se tiennent debout, ceux qui s’inclinent et ceux qui se prosternent. ﴾ [Al-Hajj : 26] Ici, Il rattache à cette Maison Sa seigneurie en disant : ﴿ le Seigneur de cette Maison ﴾. Ce rattachement vise à l’honorer et à la magnifier. Dans la parole : ﴿ Purifie Ma Maison pour ceux qui accomplissent les circumambulations ﴾, Allah S’attribue la Maison afin de l’honorer et de la magnifier. Ainsi, une fois, Il distingue la Maison en lui rattachant Sa seigneurie et, une autre fois, Il Se l’attribue, toujours afin de l’honorer et de la magnifier.
Dans un autre verset, Il dit : ﴿ Il m’a seulement été ordonné d’adorer le Seigneur de cette cité, qui l’a rendue sacrée ﴾, puis ajoute : ﴿ et toute chose Lui appartient ﴾, afin que nul ne s’imagine qu’Il serait uniquement le Seigneur de cette cité. Il dit donc : ﴿ et toute chose Lui appartient ﴾. À chaque contexte convient une formulation particulière. Ainsi, dans Sa parole : ﴿ Il m’a seulement été ordonné d’adorer le Seigneur de cette cité, qui l’a rendue sacrée, et toute chose Lui appartient ﴾ [Al-Naml : 91], il convenait d’affirmer l’universalité de Sa souveraineté, afin que les polythéistes ne prétendent pas qu’Il serait seulement le Seigneur de cette cité. Ici, en revanche, le contexte vise à magnifier la Maison ; il convenait donc de ne mentionner qu’elle.
Sa parole : ﴿ Celui qui les a nourris contre la faim et mis à l’abri de la peur ﴾ : le pronom relatif alladhī (« Celui qui ») qualifie ici le Seigneur ; il occupe donc une position syntaxique à l’accusatif. C’est pourquoi il convient