S’agissant de la patience dans l’obéissance, beaucoup de gens éprouvent, par exemple, de la paresse à accomplir la prière en groupe. L’un d’eux ne se rend pas à la mosquée et se dit : « Je prie chez moi et j’accomplis ainsi mon devoir. » Il se laisse donc gagner par la paresse. On lui dit alors : « Mon frère, contrains-toi à patienter : maîtrise ton âme et impose-lui d’accomplir la prière en groupe. » Beaucoup, lorsqu’ils constatent que le montant de leur zakat est élevé, deviennent avares et rechignent à la verser. Ils hésitent : « Dois-je donner une somme aussi importante ou la conserver ? », et ainsi de suite. On leur dit alors : « Mon frère, oblige-toi à patienter et acquitte la zakat. » Il en va de même pour les autres actes d’adoration, car Allah — exalté soit-Il — a dit au sujet de la prière : « Certes, elle est pénible, sauf pour les humbles » [La Vache : 45]. Tu constateras que, pour la plupart des serviteurs d’Allah, les actes d’adoration sont pénibles. Ils s’enjoignent donc mutuellement de patienter dans l’obéissance.
Il en va de même de la patience qui consiste à s’abstenir de la désobéissance. Certaines personnes, par exemple, sont poussées par leur âme vers des gains illicites, que ce soit par l’usure, la fraude, la dissimulation trompeuse ou toute autre forme d’interdit. On leur dit alors : « Mon frère, patiente et maîtrise ton âme ; ne conclus aucune transaction de manière illicite. » D’autres sont éprouvés par le regard porté sur les femmes : tu les vois marcher dans le marché et suivre du regard chaque femme qui passe. On leur dit alors : « Mon frère, retiens-toi de cela. »
Ils s’enjoignent également la patience face aux décrets d’Allah. Une personne peut être atteinte d’une maladie, perdre une partie de ses biens ou un être cher ; elle s’affole alors, s’irrite et souffre. Ils se recommandent donc mutuellement : « Mon frère, patiente. Cela a été décrété, et l’affolement ne sert à rien ; la persistance du chagrin ne le dissipera pas. » À celui qui est éprouvé par la mort de son fils, nous disons : « Mon frère, patiente et considère que cet enfant n’avait jamais été créé. » Puis, comme le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — l’a dit à propos de l’une de ses filles : « À Allah appartient ce qu’Il reprend comme ce qu’Il donne, et toute chose a auprès de Lui un terme fixé. Dis-lui donc de patienter et d’en espérer la récompense. » (1)