altère le sens : « Non ! Si vous saviez de science certaine, vous verriez assurément la Fournaise. » Ainsi, ﴿Vous verrez assurément la Fournaise﴾ est une proposition indépendante, sans lien syntaxique avec ce qui précède. C’est une phrase de serment comportant un serment sous-entendu, dont la formulation complète serait : « Par Allah, vous verrez assurément la Fournaise. » C’est pourquoi les grammairiens disent, en l’analysant, que la particule lām prépare le serment, tandis que la proposition « vous verrez » constitue la réponse à celui-ci. Le serment est omis, mais il est sous-entendu : « Par Allah, vous verrez assurément la Fournaise. » La « Fournaise » est l’un des noms du Feu.
﴿Puis vous la verrez avec la certitude que donne la vision﴾ : cette phrase confirme qu’ils la verront. Et quand la verra-t-on ? Au Jour de la Résurrection. Elle sera amenée, traînée par soixante-dix mille rênes, chacune tirée par soixante-dix mille anges. Que dire alors d’un tel Feu — qu’Allah nous en préserve ! Il s’agit d’un Feu immense et terrifiant, puisqu’il possède soixante-dix mille rênes, chacune tirée par soixante-dix mille anges, et que les anges sont immenses et puissants. C’est donc un Feu colossal — qu’Allah nous en préserve.
﴿Puis, ce jour-là, vous serez assurément interrogés sur les délices﴾ signifie : puis, à cet instant et dans cette situation terrible, vous serez assurément interrogés sur les délices. Les savants — qu’Allah leur fasse miséricorde — ont divergé au sujet de cette parole : ﴿Puis, ce jour-là, vous serez assurément interrogés sur les délices﴾. Vise-t-elle uniquement le mécréant, ou bien le croyant comme le mécréant ?
L’avis juste est qu’elle vise aussi bien le croyant que le mécréant : chacun sera interrogé sur les délices. Toutefois, le mécréant le sera à titre de blâme et de réprimande, tandis que le croyant le sera à titre de rappel. La preuve que cette parole a une portée générale réside dans ce qui arriva au Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue, ainsi que sa famille —, à Abū Bakr et à Umar.
Abū Hurayra rapporte en effet : « Un jour — ou une nuit —, le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — sortit et rencontra Abū Bakr et Umar. Il leur demanda : “Qu’est-ce qui vous a fait sortir de chez vous à cette heure-ci ?” Ils répondirent : “La faim, ô Messager d’Allah !” Il dit : “Moi aussi ! Par Celui qui détient mon âme en Sa main, ce qui vous a fait sortir m’a également fait sortir. Levez-vous.” Ils se levèrent donc et l’accompagnèrent. Il se rendit chez un homme des Ansars, mais celui-ci était absent. Lorsque son épouse vit le Prophète, elle dit : “Bienvenue ! Soyez les bienvenus !” Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — lui demanda : “Où est Untel ?” Elle répondit : “Il est parti nous chercher de l’eau douce.” L’Ansar arriva alors et, apercevant le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — ainsi que ses deux compagnons, il dit : »