tu as consommé jusqu’à l’épuiser, porté jusqu’à l’user, ou donné en aumône et ainsi envoyé devant toi » (1). Quant au reste, tu le laisseras à autrui. Telle est bien la réalité des biens dont nous disposons : soit nous les consommons et ils disparaissent, soit nous nous en vêtissons et ils s’usent, soit nous les donnons en aumône, les envoyant ainsi devant nous afin de les retrouver au Jour de la Résurrection, soit nous les laissons à autrui. Les biens dont nous disposons ne sauraient échapper à cette répartition en quatre catégories.
« Non ! Vous saurez bientôt ! » Autrement dit, vous connaîtrez bientôt l’issue à laquelle vous aura conduits cette course au toujours plus qui vous a détournés de l’au-delà. « Encore une fois, non ! Vous saurez bientôt ! » Cette phrase réitère la réprimande. Puis Allah dit : « Non ! Si vous saviez de science certaine… » Cela signifie : en vérité, si vous possédiez une connaissance certaine, vous sauriez que vous êtes dans l’égarement. Mais vous ne possédez pas cette connaissance certaine, car vous vivez dans l’insouciance et le divertissement en ce bas monde. Si vous saviez de science certaine, vous comprendriez que vous êtes dans l’égarement et dans une grave erreur.
Puis Allah — exalté soit-Il — dit : « Vous verrez assurément la Fournaise. Puis vous la verrez avec la certitude que donne la vision. » La proposition « Vous verrez assurément » est indépendante et ne constitue pas la réponse à la condition introduite par « si ». Le lecteur doit donc marquer une pause après : « Non ! Si vous saviez de science certaine… » Or, nous entendons souvent des imams, lorsqu’ils dirigent la prière, réciter d’un seul trait : « Non ! Si vous saviez de science certaine, vous verriez assurément la Fournaise. » Cet enchaînement tient soit à leur distraction et à leur oubli, soit au fait qu’ils n’ont pas médité le verset avec toute l’attention requise. S’ils l’avaient fait, ils auraient constaté que cet enchaînement altère le sens. En effet, lorsqu’on récite : « Non ! Si vous saviez de science certaine, vous verriez assurément la Fournaise », la vision de la Fournaise devient subordonnée à leur connaissance, ce qui est inexact.
Il faut donc y prendre garde et le signaler. Celui qui entend quelqu’un réciter : « Non ! Si vous saviez de science certaine, vous verriez assurément la Fournaise » doit l’en avertir et lui dire : « Mon frère, cet enchaînement donne à entendre un sens erroné. Ne lie donc pas les deux passages, mais marque une pause. Premièrement, parce qu’il s’agit de la fin d’un verset et qu’il est prescrit de marquer une pause à la fin de chaque verset ; deuxièmement, parce que cet enchaînement… »