englobe la rivalité dans les richesses, le nombre des membres de la tribu, le prestige, le savoir et tout ce qui peut être objet de vantardise. En témoigne la parole que le propriétaire du jardin adressa à son compagnon : « Je possède plus de biens que toi, et mon clan est plus puissant. » [La Caverne : 34]
L’homme peut ainsi chercher à surpasser autrui par ses richesses, en voulant posséder davantage de biens et avoir un commerce plus florissant. Il peut aussi se prévaloir du nombre des membres de sa tribu en disant : « Nous sommes plus nombreux qu’eux », comme l’a dit le poète :
« Je n’ai certes pas plus de cailloux qu’eux ;
Mais la puissance revient au plus nombreux. »
Il dit : « plus de cailloux qu’eux », car, autrefois, on comptait les choses à l’aide de cailloux. Par exemple, si les uns avaient dix mille cailloux et les autres huit mille, les premiers étaient alors plus nombreux et plus puissants. Le poète dit donc :
« Je n’ai certes pas plus de cailloux qu’eux ;
Mais la puissance revient au plus nombreux. »
De même, l’homme peut chercher à surpasser les autres par son savoir. S’il s’agit des sciences religieuses, c’est un bien ; mais s’il s’agit d’un savoir non religieux, celui-ci est soit permis, soit interdit. Cette course au toujours plus prédomine chez les fils d’Adam : ils rivalisent dans ces domaines au détriment de ce pour quoi ils ont été créés, à savoir l’adoration d’Allah — exalté soit-Il.
Sa parole : « jusqu’à ce que vous visitiez les tombes » signifie : jusqu’au moment où vous visiterez les tombes, c’est-à-dire jusqu’à votre mort. L’homme est naturellement porté à cette course au toujours plus jusqu’à ce qu’il meure. Bien plus, à mesure qu’il avance en âge, ses espoirs grandissent : il blanchit avec les années, mais demeure jeune dans ses aspirations. Ainsi, un homme âgé de quatre-vingt-dix ans, par exemple, nourrit parfois des espoirs et des ambitions à long terme que l’on ne trouve pas chez un jeune de quinze ans.
Tel est le sens de ce noble verset : la course au toujours plus vous a détournés de l’au-delà jusqu’à votre mort.
Selon une autre interprétation, « jusqu’à ce que vous visitiez les tombes » signifie : jusqu’à ce que vous en soyez venus à rivaliser par le nombre de vos morts, comme vous rivalisez par celui des vivants. Quelqu’un vient alors dire : « Moi, ma tribu