ses bonnes actions, ou celui qui ne possède absolument aucune bonne action, tel le mécréant. Allah — exalté soit-Il — dit :
﴿ Quant à celui dont les balances seront lourdes, il connaîtra une vie de félicité. ﴾
Le mot īsha dérive de aysh, qui signifie « la vie ». On dit : « Cet homme a vécu longtemps », c’est-à-dire qu’il est demeuré en vie pendant une longue période. Ici, īsha suit le schème fila : il désigne une manière d’être et non un nom d’action. Le nom d’action exprimant une occurrence unique se prononce aysha, tandis que īsha, sur le schème fila, indique une manière d’être. Ibn Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit :
« Fala marque l’occurrence unique, comme jalsa ;
Fila, la manière d’être, comme jilsa. »
Cela signifie qu’il connaîtra une vie bonne et pleinement satisfaisante. Concernant le terme rādiya, certains ont dit qu’il s’agissait d’un participe actif employé au sens passif, c’est-à-dire : « dont on est satisfait ». Selon un autre avis, il s’agit d’un participe actif à valeur relationnelle, au sens de « porteuse de satisfaction ». Ces deux interprétations reviennent au même : ce sera une vie agréable, sans contrariété, sans tumulte ni fatigue, parfaite à tous égards. Il s’agit de la vie au Paradis — puisse Allah nous compter parmi eux. Dans cette vie, nulle fatigue ne les touchera et jamais ils n’en seront chassés. Ils ne connaîtront ni tristesse ni peur, mais jouiront de la vie la plus douce, de la plus grande sérénité et de la condition la plus heureuse. Telle est cette vie de félicité.
﴿ Mais quant à celui dont les balances seront légères ﴾, il peut s’agir soit du mécréant, qui ne possède aucune bonne action, car les bonnes œuvres du mécréant sont récompensées ici-bas et ne lui sont d’aucune utilité dans l’au-delà ; soit d’un musulman qui a multiplié les transgressions à son propre détriment et dont les mauvaises actions sont plus nombreuses.
﴿ Sa mère sera l’Abîme. ﴾ Le mot « mère » signifie ici sa destination, c’est-à-dire ce vers quoi il se dirige : l’Abîme. Or l’Abîme est l’un des noms du Feu. Son aboutissement sera donc le feu de la Géhenne — qu’Allah nous en préserve.
On a également dit que le mot « mère » désignait ici la partie de la tête qui enveloppe le cerveau : le sens serait alors qu’il sera jeté dans le Feu la tête la première. Nous demandons à Allah de nous préserver. Lorsqu’un verset admet deux sens, que rien ne permet de privilégier l’un par rapport à l’autre et qu’ils ne sont pas incompatibles, ils doivent être retenus tous deux. On dira donc que cet homme sera jeté dans le Feu la tête la première et que, de surcroît, il n’aura d’autre refuge ni d’autre destination que le Feu.