Que signifie donc le fait qu’Il l’ait fait descendre durant la nuit du Destin ? L’interprétation correcte est la suivante : Nous avons commencé à le faire descendre durant la nuit du Destin. Or, il ne fait aucun doute que celle-ci se situe en Ramadan. La preuve en est la parole du Très-Haut : ﴿ Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les hommes, avec des preuves claires de la bonne direction et du discernement. ﴾ [al-Baqara : 185].
Si tu rapproches ce verset — à savoir : ﴿ Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu ﴾ — de cet autre verset : ﴿ Nous l’avons certes fait descendre durant la nuit du Destin ﴾, il apparaît clairement que la nuit du Destin se situe en Ramadan. Nous savons ainsi que la croyance répandue parmi certaines gens du commun, selon laquelle la nuit du Destin serait celle de la mi-Shabān, est dénuée de tout fondement et ne correspond à aucune réalité.
La nuit du Destin se situe donc en Ramadan. Quant à la nuit de la mi-Shabān, elle est semblable à celle du milieu de Rajab, de Jumādā, de Rabī, de Safar, de Muharram et des autres mois : rien ne la distingue particulièrement. Même les hadiths rapportés au sujet du mérite de prier durant cette nuit sont faibles et ne peuvent servir de preuve. Il en va de même des hadiths préconisant de réserver son jour, celui de la mi-Shabān, au jeûne : ils sont faibles et ne peuvent servir de preuve.
Cependant, certains savants — qu’Allah leur fasse miséricorde — se montrent indulgents lorsqu’ils mentionnent des hadiths faibles relatifs aux mérites, qu’il s’agisse des mérites des œuvres, des mois ou des lieux. Or, cela ne convient pas. En effet, lorsque tu rapportes des hadiths faibles concernant le mérite d’une chose, celui qui t’écoute pensera qu’ils sont authentiques et les attribuera au Messager — sur lui la prière et la paix. Voilà qui est grave.
En somme, ni le jour ni la nuit de la mi-Shabān ne possèdent de particularité qui les distinguerait des jours et des nuits des autres mois. La nuit de la mi-Shabān ne présente aucun mérite particulier justifiant qu’on la consacre à la prière, et elle n’est pas la nuit du Destin. De même, son jour ne doit pas être spécialement consacré au jeûne.
Certes, la Sunna établit que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — jeûnait beaucoup durant le mois de Shabān, au point de n’en laisser passer qu’une petite partie sans jeûner (1). Quant à tout le reste de ce qui concerne