certains exégètes : « Ici, ﴿ ou ﴾ a le sens de la conjonction “et”, c’est-à-dire : “et s’il ordonne la piété”. » Toutefois, l’interprétation correcte est que cette particule conserve son sens propre et exprime une alternative. Autrement dit : dis-moi s’il suit la bonne voie dans cet acte de prosternation et de prière, ou s’il ordonne à autrui la piété. En effet, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille — ordonne incontestablement la piété : il est donc vertueux en lui-même et guide les autres vers la vertu.
﴿ Ne sait-il pas qu’Allah voit ? ﴾ Cela signifie qu’Il voit celui que l’on cherche à empêcher de prier, à savoir Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille —, qui se prosterne et ordonne la piété ; et qu’Il voit également ce serviteur tyrannique qui interdit à un serviteur de prier. ﴿ Ne sait-il pas qu’Allah voit ? ﴾ Allah — gloire et élévation à Lui — voit, c’est-à-dire qu’Il sait et qu’Il voit réellement. Gloire à Lui ! Il voit toute chose, aussi cachée et infime soit-elle, et connaît toute chose, aussi éloignée soit-elle, qu’elle soit considérable ou insignifiante. Il connaît celui qui ordonne comme celui qui interdit, celui qui prie comme celui qui se prosterne ; Il connaît celui qui se montre tyrannique et celui qui se soumet à Allah — puissance et majesté à Lui. Il rétribuera chacun selon ses œuvres.
Ce passage vise à menacer celui qui interdit à un serviteur de prier et à montrer qu’Allah, exalté soit-Il, connaît parfaitement son état ainsi que celui de l’homme auquel il adresse cette interdiction, et qu’Il rétribuera chacun selon ce qu’il mérite. C’est donc une menace adressée à cet homme qui interdisait au Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille — de prier. Autrement dit : cet homme ne sait-il pas qu’Allah, exalté soit-Il, le voit et le connaît ? Rien de ses actes n’échappe à Allah — gloire et élévation à Lui —, qui le rétribuera en conséquence, soit en ce monde, soit à la fois en ce monde et dans l’au-delà.
Puis Il dit : ﴿ Assurément ! S’il ne cesse pas, Nous le saisirons certes par le toupet ﴾. La particule ﴿ Assurément ﴾ signifie ici : « En vérité ! » Elle pourrait aussi exprimer une réprimande destinée à le détourner du méfait qu’il commettait envers le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille. Elle peut donc signifier : « En vérité ! ﴿ Nous le saisirons certes par le toupet ﴾. » La proposition ﴿ Nous le saisirons certes ﴾ est la réponse à un serment sous-entendu. La formulation complète serait : « Par Allah ! S’il ne cesse pas, Nous le saisirons certes par le toupet. » La réponse à la proposition conditionnelle a été omise, tandis que celle du serment a été conservée. En effet, la règle de la langue arabe veut que, lorsqu’un serment et une proposition conditionnelle sont réunis, la réponse du second élément soit omise. Ibn Mālik dit dans son Alfiyya :