lorsqu’il prie ? ﴾ Autrement dit : dis-moi ce qu’il en est de cet homme et étonne-toi du cas de celui qui interdit à un serviteur de prier. Le verset met donc en présence celui qui interdit et celui qui subit l’interdiction. Le premier n’est autre que le tyran de Quraysh, Abū Jahl. Les Qurayshites le surnommaient Abū al-Hakam, car ils lui soumettaient leurs différends et s’en remettaient à lui. Il se laissa abuser par sa propre importance, l’islam lui resta en travers de la gorge et il mourut dans la mécréance, comme chacun sait. Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille — le surnomma Abū Jahl (1), à l’opposé du surnom d’Abū al-Hakam qu’ils lui donnaient.
Quant à celui que l’on cherchait à empêcher, c’était Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille —, le serviteur évoqué dans la parole : ﴿ un serviteur lorsqu’il prie ﴾. On dit à Abū Jahl : « Muhammad prie près de la Kaaba, à la vue de tous ; il trouble les gens et les détourne de leurs idoles et de leurs divinités. » Un jour, Abū Jahl passa près de lui alors qu’il était prosterné. Il interdit alors au Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — de prier et lui dit : « Je te l’avais pourtant interdit ! Pourquoi le fais-tu ? » Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — le rabroua, et il s’en retourna.
On rapporta ensuite à Abū Jahl que Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille — persistait à prier. Il déclara : « Par Allah ! Si je le vois, je lui écraserai la nuque sous mon pied et lui frotterai le visage dans la poussière ! » Un jour, il le vit prosterné au pied de la Kaaba et s’avança vers lui, déterminé à tenir son serment solennel. Mais, en approchant, il trouva entre lui et le Prophète un fossé de feu et d’effroyables terreurs. Il rebroussa chemin et fut incapable d’atteindre le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve, ainsi que sa famille — (2).
Le cas de ce serviteur qui interdit à un autre serviteur de prier est stupéfiant : comment peut-il agir de la sorte ? C’est pourquoi on lit à la fin de ce passage : ﴿ Ne sait-il pas qu’Allah voit ? ﴾ et qu’Il le rétribuera. Puis Il dit : ﴿ As-tu vu s’il suit la bonne voie ? ﴾ « As-tu vu » signifie : dis-moi, toi à qui le discours s’adresse, si Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, qui se prosterne ainsi, suit la bonne voie, comment peux-tu l’en détourner ? Au sujet de ﴿ ou s’il ordonne la piété ? ﴾, ont dit