et sait que, si Allah le délaisse en le livrant à lui-même, Il le livre par là même à la faiblesse, à l’impuissance et à la vulnérabilité ; il sait aussi qu’il ne détient par lui-même ni le pouvoir de se procurer un bien ni celui de repousser un mal. Tel est le croyant. Mais l’homme, en tant que tel, est par nature porté à la transgression. Cela rejoint la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿ Mais l’homme s’en est chargé ; il est certes très injuste et très ignorant. ﴾ [Les Coalisés : 72]
Puis Allah — exalté soit-Il — dit, menaçant ce tyran : ﴿ Certes, c’est vers ton Seigneur que se fera le retour. ﴾ Autrement dit, c’est vers Lui que l’on revient. Tu auras beau transgresser, t’élever, t’enorgueillir et te croire à l’abri du besoin, ton retour se fera vers Allah — exalté soit-Il —, comme Il l’a dit : ﴿ Excepté celui qui se détourne et mécroit : Allah lui infligera alors le plus grand châtiment. Certes, c’est vers Nous qu’ils reviendront, puis c’est à Nous qu’il appartiendra de leur demander compte. ﴾ [L’Enveloppante : 23-26]
Puisque toute chose revient à Allah, nul ne peut jamais échapper à Son décret, ni à Sa rétribution et à Sa justice. La parole : ﴿ Certes, c’est vers ton Seigneur que se fera le retour ﴾ peut toutefois être comprise dans un sens plus général que la seule menace et mise en garde : elle comporte certes une menace et une mise en garde, mais embrasse également une portée plus vaste. Elle signifie alors que toute chose revient à Allah. Dans les affaires religieuses, les litiges doivent être soumis au Livre et à la Sunna : ﴿ Si vous divergez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager. ﴾ [Les Femmes : 59] Quant aux réalités relevant de l’ordre créé, c’est vers Allah que l’on se tourne : ﴿ Lorsque vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu’Il vous exauça. ﴾ [Le Butin : 9]
Le serviteur n’a donc d’autre recours qu’Allah. Toutes choses reviennent à Allah — exalté soit-Il —, qui fait ce qu’Il veut. Même les guerres, les troubles et les maux qui surviennent parmi les hommes ont été décrétés par Allah, mais Il les a décrétés en vertu d’une sagesse, comme Il l’a dit : ﴿ Si Allah avait voulu, ceux qui vinrent après eux ne se seraient pas combattus après que les preuves évidentes leur furent parvenues. Mais ils divergèrent : certains crurent et d’autres mécrurent. Si Allah avait voulu, ils ne se seraient pas combattus ; mais Allah fait ce qu’Il veut. ﴾ [La Vache : 253]
Ainsi, la parole : ﴿ Certes, c’est vers ton Seigneur que se fera le retour ﴾ contient une menace adressée à cet homme qui a transgressé lorsqu’il s’est cru à l’abri du besoin de son Seigneur. Elle comporte également un sens plus vaste et plus général : toute chose revient à Allah — exalté soit-Il. Puis Il dit : ﴿ As-tu vu celui qui interdit à un serviteur