interrompue ﴾ : elle ne prendra jamais fin et ne leur sera pas non plus rappelée comme une faveur. Le mot ﴿ interrompue ﴾ peut en effet exprimer aussi bien l’idée de rupture que celle du rappel d’un bienfait. Ils auront donc une récompense qui ne s’interrompra pas et dont on ne leur fera pas grief. Cela signifie que, lorsqu’ils l’auront reçue intégralement, elle ne leur sera pas rappelée en ces termes : « Nous vous avons donné ceci, Nous avons fait ceci et cela pour vous. » Il est vrai que c’est à Allah — exalté soit-Il — qu’ils doivent la grâce de la foi, des œuvres pieuses et de la récompense : tout cela est une grâce d’Allah. Mais Il ne leur en fera pas grief ; autrement dit, ils ne seront pas blessés par le rappel de ces bienfaits, comme cela se produit dans les affaires de ce monde. Lorsqu’une personne te fait du bien, il arrive qu’elle te blesse en te rappelant sa faveur : à chaque occasion, elle te dit « J’ai fait ceci pour toi, je t’ai donné cela », ou d’autres paroles semblables.
Puis Allah — exalté soit-Il — dit : ﴿ Qu’est-ce donc qui, après cela, te fait encore démentir la religion ? ﴾ Allah — Très-Haut — passe ici du fait de parler de l’homme à la troisième personne au fait de s’adresser directement à lui. Il dit : ﴿ Qu’est-ce donc qui, après cela, te fait encore démentir la religion ? ﴾ Autrement dit : ô homme, qu’est-ce qui, après cet exposé, te fait encore démentir ﴿ la religion ﴾, c’est-à-dire ce qu’Allah a prescrit en matière de religion ? Ainsi, chaque fois que l’homme médite sur lui-même, sur son origine et sa constitution, et considère qu’Allah l’a choisi, lui a donné une excellente constitution et une disposition naturelle excellente, sa foi en Allah — exalté soit-Il — se renforce, de même que sa croyance en Son Livre et en ce que Ses messagers ont annoncé.
Puis Il dit : ﴿ Allah n’est-Il pas le plus sage des juges ? ﴾ Cette interrogation vise à établir une vérité : Allah — exalté soit-Il — affirme qu’Il est le plus sage des juges. Le terme rendu ici par « le plus sage » est un superlatif arabe tiré à la fois de la sagesse et du jugement. Ainsi, le jugement souverain et suprême, auquel rien ne peut s’opposer, est celui d’Allah — exalté soit-Il —, et la sagesse suprême et parfaite est la Sienne. Il est donc — glorifié et exalté soit-Il — le plus sage des juges, aussi bien dans ce qu’Il décrète au titre du destin que dans ce qu’Il prescrit par Sa Loi. Le jugement Lui appartient et toute affaire revient à Lui. Nous demandons à Allah — Très-Haut — de nous accorder la connaissance de Son Livre et de la sunna de Son Messager — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille. Il est certes capable de toute chose.