et, par lui, fait entrer dans les jardins du Paradis : les jardins d’Éden, c’est-à-dire des jardins où l’on demeure, ainsi que des demeures agréables dans les jardins d’Éden, agréables tant par leur architecture que par leurs matériaux. Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — a dit : « Deux jardins dont les récipients et tout ce qu’ils renferment sont d’or, et deux jardins dont les récipients et tout ce qu’ils renferment sont d’argent. » (1)
Par Allah, quand bien même l’homme demeurerait prosterné depuis sa puberté jusqu’à sa mort, cela ne constituerait qu’un faible prix au regard de cet immense butin. Et quand bien même il n’obtiendrait rien d’autre que d’échapper au Feu, cela lui suffirait. Il arrive que l’homme se dise : « Si seulement je n’étais jamais né ! » ou : « Il me suffit d’échapper au Feu. » Umar ibn al-Khattāb — qu’Allah l’agrée — disait ainsi : « Si seulement j’étais un arbre que l’on coupe ! Si seulement ma mère ne m’avait pas mis au monde ! » (2)
En effet, l’homme se croit à l’abri parce qu’il prie, jeûne, fait l’aumône, accomplit le pèlerinage, se montre bon envers ses parents et accomplit d’autres œuvres semblables. Pourtant, il peut nourrir dans son cœur une rancœur qui le conduira à une mauvaise fin — qu’Allah nous en préserve. Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — a dit : « L’un de vous accomplit certes les œuvres des gens du Paradis jusqu’à ce qu’il ne reste entre lui et celui-ci qu’une coudée. » Cela signifie que sa mort est proche : il n’est plus qu’à une coudée de la fin de ses œuvres, car toutes ses œuvres ne sont que poussière. Il accomplit les œuvres des gens du Paradis selon ce qui apparaît aux gens, alors qu’il fait partie des gens du Feu, comme l’énonce le hadith authentique. Mais les mots : « jusqu’à ce qu’il ne reste entre lui et celui-ci qu’une coudée » ne signifient pas que ses œuvres l’ont conduit à proximité du Paradis ; ils signifient seulement qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre. « Puis il accomplit les œuvres des gens du Feu et y entre. » Cela concerne toutefois celui qui agit pour être vu des gens, comme l’a dit le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : « Un homme peut certes accomplir les œuvres des gens du Paradis selon ce qui apparaît aux gens, alors qu’il fait partie des gens du Feu. » (3)
Lorsque l’homme lit de tels textes, il craint pour lui-même : il redoute l’ostentation, il redoute