passés et futurs est établi par le Coran et la Sunna. Il s’agit là d’une prérogative propre au Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue. Nul autre que lui ne bénéficie du pardon de ses fautes passées et futures. Tout autre que lui doit se repentir de son péché, bien qu’Allah — exalté soit-Il — puisse, même sans repentir, lui pardonner tout péché moindre que l’association. Quant au Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue —, nous affirmons avec certitude que ses fautes passées et futures lui ont été pardonnées. C’est pourquoi Allah dit : « Et Nous t’avons déchargé de ton fardeau qui accablait ton dos. »
Si quelqu’un objecte : « Ce verset, ainsi que le texte que nous avons cité pour l’étayer, indique que le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — peut commettre un péché. Le Prophète peut-il donc pécher ? » La réponse est oui. Nous ne saurions rejeter les textes au seul motif qu’il nous paraît improbable qu’il commette un péché. L’essentiel n’est pas que l’homme ne pèche jamais, mais qu’il obtienne le pardon : voilà ce qui importe. Quant au fait de ne commettre aucune faute, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit : « Tous les fils d’Adam sont enclins à fauter, et les meilleurs de ceux qui fautent sont ceux qui se repentent. » (1) L’être humain commet nécessairement quelque faute.
Il est toutefois des actes que les prophètes ne peuvent commettre, tels que le mensonge et la trahison. Cela ne peut absolument pas émaner d’eux, car, à supposer que cela se produise, leur mission prophétique s’en trouverait discréditée, ce qui est impossible. Il en va de même des turpitudes comme la fornication et les actes similaires : elles ne peuvent émaner d’eux, car elles contredisent le fondement même de leur mission. Celle-ci n’a en effet été instituée que pour parachever les nobles caractères, comme l’a dit le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue, ainsi que sa famille : « Je n’ai été envoyé que pour parachever les nobles caractères. » (2)
En somme, Allah — exalté soit-Il — a déchargé Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue, ainsi que sa famille — de son fardeau et a indiqué que celui-ci accablait son dos, c’est-à-dire qu’il le faisait souffrir et l’épuisait. Si tel était le fardeau du Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue —, qu’en est-il donc des fardeaux des autres hommes ?