souffrait de la fièvre. Je lui dis : « Messager d’Allah, tu souffres d’une très forte fièvre. » Il répondit : « Oui, je souffre autant que deux hommes parmi vous. » (1) Ses souffrances furent même accrues durant les affres de la mort — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue —, afin qu’il quitte ce monde en étant le plus patient des hommes. Or, la patience est un degré éminent que l’on ne peut atteindre qu’en présence d’une épreuve à endurer ; ce qui est facile et sans peine ne requiert aucune patience. Voilà pourquoi les prophètes sont les hommes les plus durement éprouvés, puis viennent les vertueux, chacun étant éprouvé à la mesure de son excellence.
« Ne t’avons-Nous pas ouvert le cœur et ne t’avons-Nous pas déchargé de ton fardeau ? » Quelqu’un pourrait objecter que les deux propositions présentent une discordance : la première emploie un verbe à la forme du présent, « ouvrons », tandis que la seconde emploie un verbe au passé, « Nous avons déchargé ». Mais d’après l’explication que j’ai donnée, à savoir que « Ne t’avons-Nous pas ouvert » signifie : « Nous t’avons assurément ouvert », la seconde proposition est coordonnée à une proposition qui lui est analogue : « et ne t’avons-Nous pas déchargé de ton fardeau ? » Nous l’avons ôté, c’est-à-dire écarté, et Nous t’en avons absous, pardonné et acquitté. « Ton fardeau » désigne ici ton péché, « qui accablait ton dos », c’est-à-dire qui le faisait souffrir et lui causait de la peine. En effet, le dos est la partie du corps sur laquelle on porte les charges. Si donc une charge fatigue le dos, elle fatiguera à plus forte raison tout autre membre, car le dos est la partie de ton corps la plus apte à porter. Observe la différence entre le fait de porter un sac sur ton dos et celui de le porter dans tes mains : la différence est manifeste.
Le sens est donc qu’Allah — exalté soit-Il — a pardonné au Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — son fardeau et sa faute, de sorte que le pardon lui fut acquis. Allah — exalté soit-Il — dit : « En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante, afin qu’Allah te pardonne tes fautes passées et futures. » [La Victoire : 1, 2]
Alors que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — priait la nuit et prolongeait la station debout au point que ses pieds enflaient ou se crevassaient, on lui demanda : « Agis-tu ainsi alors qu’Allah t’a pardonné tes fautes passées et futures ? » Il répondit : « Ne devrais-je donc pas être un serviteur reconnaissant ? » (2) Ainsi donc, le pardon des péchés