ses yeux. » (1) Le passage qui nous intéresse ici est la parole : « Un homme qu’une femme de haut rang et d’une grande beauté invite à elle, mais qui répond : “Je crains Allah.” » Ouvrir son cœur à une prescription religieuse signifie donc l’accepter, en être satisfait et s’y conformer, en disant : « Nous avons entendu et nous avons obéi. » Il t’arrive toi-même de trouver ton cœur disposé à l’adoration et de t’y adonner avec facilité, soumission, sérénité et satisfaction. À d’autres moments, c’est tout le contraire : si tu ne craignais pas de pécher, tu ne l’accomplirais pas. Si de telles variations se manifestent chez une seule et même personne, que dire alors des différences entre les gens ?
Quant à l’ouverture du cœur aux décrets divins, tu constateras que celui dont Allah a ouvert le cœur à ce qu’Il décrète dans l’univers est satisfait du décret et de la prédestination d’Allah, et trouve en eux la sérénité. Il se dit : « Je suis un serviteur et Allah est le Seigneur ; Il fait ce qu’Il veut. » Un tel homme vivra constamment dans la joie, sans chagrin ni inquiétude. Il éprouve certes de la douleur, mais celle-ci ne va pas jusqu’à l’accabler de souci ou d’affliction. C’est pourquoi il est rapporté dans un hadith authentique que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit : « Comme la condition du croyant est étonnante ! Tout ce qui lui arrive est un bien, et cela n’appartient qu’au croyant : si une épreuve le touche, il patiente et c’est un bien pour lui ; et si un bonheur lui échoit, il se montre reconnaissant et c’est un bien pour lui. » (2)
Ouvrir le cœur signifie donc l’élargir et le disposer à recevoir les prescriptions religieuses et les décrets d’Allah, sans jamais éprouver la moindre gêne à leur égard. Or, notre Prophète Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — en a reçu la part la plus éminente. Tu constates ainsi qu’il est celui qui craint le plus Allah, qui s’acquitte avec le plus de constance de Son obéissance et qui patiente le mieux face à Ses décrets. Que lui ont fait les gens lorsqu’il s’est levé pour prêcher ? Et quelles maladies l’ont frappé ? Il subissait même une fièvre aussi intense que celle de deux hommes d’entre nous ; autrement dit, la maladie s’intensifiait pour lui comme elle le ferait pour deux hommes parmi nous. Ainsi, Abd Allah ibn Masʿūd — qu’Allah l’agrée — rapporte : « Je me rendis auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — alors qu’il