de tels revers, car Allah dit : ﴿Ces jours-là, Nous les faisons alterner parmi les hommes﴾ [La Famille d’Imrān : 140]. Viendra le jour où les musulmans combattront les Juifs. Le Juif se cachera derrière un arbre, et l’arbre appellera : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Un Juif se trouve derrière moi. » Le musulman viendra alors le tuer (1). Rien de cela n’est difficile pour Allah.
Mais les musulmans ont avant toute chose besoin d’une direction sage, connaissant les prescriptions de la charia. En effet, toute direction qui ne tire pas profit de la lumière de la charia court à sa perte : quelle que soit l’élévation qu’elle atteigne, fût-ce le plus haut sommet, elle retombera au plus profond de l’abîme. La guidée vient de l’islam et de sa lumière, non du nationalisme, de l’esprit de clan, du patriotisme ou de toute autre idéologie : de l’islam seul.
Seul l’islam peut garantir la puissance de la communauté. Celle-ci a toutefois besoin d’une direction sage, qui place chaque chose à sa juste place, agisse avec pondération et ne se précipite pas. Il est impossible de réformer les gens du jour au lendemain. Quiconque prétend y parvenir voudrait qu’Allah change la règle qu’Il a établie, or Allah, glorifié et exalté soit-Il, ne change pas cette règle. Le Prophète d’Allah lui-même — qu’Allah prie sur lui et le salue — demeura treize années à La Mecque, durant lesquelles la Révélation descendait sur lui et il appelait à Allah de la meilleure manière. Malgré cela, il finit par quitter La Mecque dans la crainte et en se dissimulant, sans que sa prédication y eût abouti. Pourquoi voudrions-nous donc transformer du jour au lendemain une communauté plongée depuis des siècles dans l’insouciance et le sommeil ? Cela relève de la sottise sur le plan de la raison et de l’égarement sur celui de la religion.
La communauté a besoin d’un remède empreint de douceur et de sérénité, qui consiste à appeler de la meilleure manière. Outre une compréhension approfondie de la religion d’Allah et la sagesse dans l’appel à Allah, la communauté musulmane a besoin de connaître la réalité, de faire preuve de discernement et d’expérience, et d’examiner les questions qui exigent une vision à long terme. En effet, les résultats peuvent ne pas apparaître au bout d’un mois, de deux mois, d’un an ou de deux ans ; mais l’homme sensé sait patienter