Allah — glorifiée soit Sa majesté — dit : ﴿Pense-t-il que nul ne l’a vu ?﴾ Cet homme s’imagine-t-il que personne ne le voit tandis qu’il dilapide ses biens et les dépense dans ce qui ne lui est d’aucune utilité ? Tout cela constitue une menace adressée à l’homme, pour l’empêcher de se rengorger et de s’enorgueillir en raison de sa force physique ou de l’abondance de ses biens. Allah, le Très-Haut, dit : ﴿Ne lui avons-Nous pas donné deux yeux, une langue et deux lèvres, et ne lui avons-Nous pas montré les deux voies ?﴾
Ce sont là trois des plus grands bienfaits accordés à l’homme. ﴿Ne lui avons-Nous pas donné deux yeux﴾, c’est-à-dire grâce auxquels il voit et observe. Ces deux yeux transmettent au cœur ce que l’homme regarde. S’il porte un regard interdit, il commet un péché ; si son regard le rapproche d’Allah, il en retire un profit ; et s’il regarde ce qui lui est permis, il n’est ni loué ni blâmé, à moins que ce regard ne conduise à un interdit religieux, auquel cas il commet un péché par ce regard.
﴿Une langue et deux lèvres﴾ : une langue avec laquelle il parle et deux lèvres grâce auxquelles il articule ses paroles. Cela compte parmi les immenses bienfaits d’Allah, car cette langue et ces deux lèvres lui permettent d’exprimer ce qu’il porte en lui. Sans elles, il en serait incapable. S’il ne pouvait parler, comment exprimerait-il ce qui se trouve dans son cœur ? Comment ferait-il connaître aux gens ce qu’il porte en lui ? Il ne pourrait le faire que par des gestes pénibles, qui fatiguent aussi bien celui qui les fait que ceux auxquels ils s’adressent.
Mais Allah lui a fait la grâce de lui donner une langue qui parle et deux lèvres grâce auxquelles il articule ses paroles. C’est là un bienfait d’Allah, mais aussi l’une des merveilles de Sa puissance : la parole naît de l’air venant des poumons et sortant par des points d’articulation déterminés. Selon l’endroit par lequel il passe, cet air produit une lettre ou une autre. Il s’agit pourtant du même air, provenant d’une même issue, mais qui traverse de très fins filaments dans la gorge, les lèvres et les gencives ; ce sont ces filaments qui forment les lettres. Ainsi, le bā et le shīn, par exemple, sont tous deux produits par de l’air propulsé depuis les poumons. Ils diffèrent néanmoins selon les parties de la bouche que cet air traverse et selon les points d’articulation bien connus. Cela témoigne de la perfection de la puissance d’Allah — glorifiée soit Sa majesté.
﴿Et ne lui avons-Nous pas montré les deux voies ?﴾ Selon un premier avis, cela signifie : Nous lui avons indiqué la voie du bien et celle du mal. Selon un second avis, ﴿Nous lui avons montré les deux voies﴾ signifie : Nous l’avons dirigé vers ce qui assure sa nourriture, à savoir les deux seins, car ils constituent deux proéminences