et à éviter de désobéir à Allah. Ce combat est plus pénible encore que les difficultés rencontrées dans la recherche de la subsistance, surtout lorsque l’homme est éprouvé par un milieu dévoyé et devient étranger parmi ceux qui l’entourent. Il éprouvera alors de la peine à lutter contre lui-même, mais aussi à supporter les gens.
Si quelqu’un demande : « Le verset ne pourrait-il donc pas englober les deux sens ? »
La réponse est que si. Ainsi convient-il de procéder lorsque tu trouves, dans le Noble Livre, un verset susceptible de revêtir deux sens qui ne se contredisent pas : comprends-le selon ces deux sens, car le Coran est plus englobant et plus vaste. S’ils sont contradictoires, recherche alors lequel est prépondérant.
Prenons, par exemple, la parole du Très-Haut : ﴿Les femmes divorcées doivent observer un délai d’attente de trois qurū’﴾ [La Vache : 228]. (Qurū’) est le pluriel de qur’, dont le qāf porte une fatha. Que signifie donc le qur’ ? Selon un avis, il désigne la période menstruelle ; selon un autre, la période de pureté entre deux menstruations. Il est ici impossible de comprendre le verset selon les deux sens à la fois, puisqu’ils sont contradictoires. Il faut donc rechercher celui des deux avis qui est prépondérant et l’adopter.
Nous disons donc ici que le verset ﴿Nous avons certes créé l’homme dans le kabad﴾ peut englober les deux sens : l’homme est doté d’une stature belle et droite, tout en étant ﴿dans le kabad﴾ en ce qu’il endure les pénibles difficultés de l’existence.
﴿Pense-t-il que nul n’aura pouvoir sur lui ?﴾ Fort de sa personne et de sa puissance, l’homme s’imagine que personne n’aura pouvoir sur lui. Dans la vigueur de sa jeunesse, empli de force, d’orgueil et d’arrogance, il dit : « Personne n’a pouvoir sur moi ; je fais ce que je veux. » On trouve ainsi dans la parole du Très-Haut : ﴿Quant aux Ād, ils s’enorgueillirent injustement sur terre et dirent : “Qui est plus puissant que nous ?”﴾ Allah — Très-Haut — dit : ﴿Ne voyaient-ils donc pas qu’Allah, qui les avait créés, était plus puissant qu’eux ?﴾ [Les Versets détaillés : 15].
Ainsi, lorsqu’il jouit de la santé et de la vigueur de la jeunesse, l’homme s’imagine que nul n’a pouvoir sur lui. Il va même jusqu’à penser que le Seigneur — glorifiée soit Sa majesté — n’a aucun pouvoir sur lui. Cela concerne assurément le mécréant. Le croyant, quant à lui, sait qu’Allah a pouvoir sur lui et qu’Il est capable de toute chose ; aussi Le craint-il.
﴿Il dit﴾ : lorsque l’homme vit dans l’opulence et qu’une ample subsistance lui est accordée, il dit également : ﴿J’ai dilapidé une fortune considérable﴾, c’est-à-dire beaucoup de biens pour assouvir ses désirs et goûter à ses plaisirs.