pour lui. » (1)
Le croyant est serein et satisfait du décret d’Allah et de la destinée qu’Il a fixée. Il ne se révolte pas face aux malheurs et ne se laisse pas griser par les bienfaits. Au contraire, il se montre reconnaissant dans l’aisance et patient dans l’épreuve ; aussi le trouves-tu apaisé.
En revanche, le mécréant, ou celui dont la foi est faible, ne connaît pas la sérénité. Lorsqu’une épreuve le frappe, il s’affole, s’irrite et s’imagine qu’Allah lui fait subir une injustice — qu’Allah nous en préserve. Certains vont même jusqu’à se suicider, faute de patienter. Un tel homme ne connaît pas la sérénité, mais vit constamment dans l’inquiétude. Il considère sa situation et se voit pauvre, avec peu d’enfants, sans épouse ni clan pour le protéger. Il se dit alors : « Je ne jouis d’aucun bienfait : untel possède des richesses, des épouses, des enfants et une tribu qui le protège, tandis que moi, je n’ai rien de tout cela. » Il ne reconnaît donc aucun bienfait d’Allah envers lui, car sa foi est faible. Il demeure ainsi dans une inquiétude permanente.
C’est pourquoi nous voyons aujourd’hui les gens aller partout pour se divertir et tenter de dissiper leur souffrance et leur fatigue. Mais seule la foi peut véritablement les dissiper. La foi véritable est celle qui procure la sérénité. L’âme apaisée est donc l’âme croyante : croyante ici-bas et à l’abri du châtiment d’Allah au Jour de la Résurrection.
L’un des pieux prédécesseurs prononça cette parole remarquable : « Si les rois et les fils de rois savaient dans quelle félicité nous vivons, ils nous la disputeraient à coups d’épée. » Trouvez-vous ici-bas des gens qui vivent dans plus d’aisance que les rois et leurs fils ? En apparence, nul ne jouit de plus de bien-être physique qu’eux. Mais leurs cœurs ne sont pas semblables à ceux des croyants. Le croyant peut ne posséder qu’un vêtement rapiécé et une cabane qui ne l’abrite ni de la pluie ni de la chaleur ; puisqu’il est croyant, sa vie et sa félicité ici-bas sont pourtant meilleures que celles des rois et de leurs fils. Son cœur est en effet illuminé par la lumière d’Allah, la lumière de la foi.
Ainsi, Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — fut emprisonné et maltraité pour la cause d’Allah — exalté soit-Il. Lorsqu’il fut incarcéré et que la porte se referma sur lui, il dit — qu’Allah lui fasse miséricorde :
﴿ Alors sera dressée entre eux une muraille pourvue d’une porte : à l’intérieur se trouvera la miséricorde et, à l’extérieur, devant elle, le châtiment. ﴾ [Le Fer : 13].
Il disait cela afin de témoigner