une chaîne de soixante-dix coudées, introduisez-le ) [L’Inéluctable : 32]. Faites-le entrer dans cette chaîne : leurs mains y seront entravées — nous implorons Allah de nous en préserver. Nul ne peut, à présent, se représenter la détresse, le malheur et le châtiment qu’ils endurent. L’être humain doit donc se préparer avant d’avoir à dire : ﴿ Ah ! Si seulement j’avais œuvré en vue de ma vraie vie ! Ce jour-là, nul ne subira un châtiment comparable au sien et nul ne sera entravé comme lui. ﴾
Puis Allah — exalté soit-Il — conclut cette sourate par des paroles qui réjouissent le cœur et emplissent la poitrine de sérénité : ﴿ Ô âme apaisée ! Retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée. ﴾ Cette parole : ﴿ Retourne vers ton Seigneur ﴾ est adressée à l’être humain au moment de l’agonie, au tout dernier instant de sa vie ici-bas. Il est alors dit à son âme : « Sors, ô âme apaisée ! Va vers la miséricorde d’Allah et Son agrément. » Elle en reçoit l’heureuse annonce, s’en réjouit et quitte aisément le corps, car on lui annonce une félicité supérieure à tout ce que recèle ce bas monde.
Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit : « L’espace qu’occuperait le fouet de l’un d’entre vous au Paradis vaut mieux que ce bas monde et tout ce qu’il contient. » (1) Le fouet dont il est ici question est une courte baguette. L’espace occupé par ce fouet au Paradis vaut donc mieux que ce bas monde et tout ce qu’il contient. Il ne s’agit pas seulement de ta propre vie ici-bas, mais de ce bas monde tout entier, depuis son commencement jusqu’à sa fin, avec ses plaisirs, ses royaumes, son luxe et tout le reste. L’espace occupé par un fouet vaut mieux que tout cela ! Que dire alors de celui dont le regard embrassera son royaume sur une étendue de deux mille années de marche — deux mille années ! —, et qui en verra l’extrémité la plus lointaine aussi nettement que la plus proche ? Une félicité que ni notre entendement ni notre imagination ne sauraient concevoir : ﴿ Nulle âme ne sait quelle joie leur a été réservée en récompense de ce qu’ils œuvraient. ﴾ [La Prosternation : 17].
﴿ L’âme apaisée ﴾ désigne l’âme croyante, à l’abri de toute crainte. Jamais, en effet, tu ne trouveras d’âme plus sereine que celle du croyant. L’âme du croyant est bonne et apaisée. C’est pourquoi le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — s’est émerveillé de la condition du croyant en disant : « La condition du croyant est vraiment étonnante : tout ce qui lui arrive est un bien. Si l’adversité l’atteint, il patiente, et c’est alors un bien pour lui ; si la prospérité lui échoit, il se montre reconnaissant, et c’est alors un bien