nous nous en tenions, pour les paroles d’Allah — exalté soit-Il — et celles de Son Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, à leur sens apparent, sans les déformer. Nous affirmons qu’Allah — exalté soit-Il — viendra Lui-même le Jour de la Résurrection. Mais de quelle manière cette venue aura-t-elle lieu ? C’est ce que nous ignorons : nous ne savons pas comment Il viendra. Poser ce genre de question est une innovation, comme l’a dit l’imam Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — lorsqu’il fut interrogé au sujet de la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿ Le Tout Miséricordieux S’est établi sur le Trône ﴾ [Tā-Hā : 5]. Mālik baissa alors la tête, jusqu’à être couvert de sueur, tant cette question lui pesait. C’était en effet une question grave : une question outrancière, une question posée pour mettre délibérément en difficulté, ou celle d’un innovateur malintentionné. Puis il releva la tête et dit : « Le fait qu’Il Se soit établi n’est pas inconnu, sa modalité échappe à la raison, y croire est obligatoire et poser des questions à ce sujet est une innovation. » Ce qui nous importe ici, ce sont ses derniers mots : « poser des questions à ce sujet est une innovation ».
Applique cette règle à tous les attributs d’Allah. Si quelqu’un nous demandait : « Allah dit : ﴿ Ce que J’ai créé de Mes deux mains ﴾ [Sād : 75] — c’est-à-dire Adam. Comment l’a-t-Il créé de Ses deux mains ? », nous lui répondrions : « Cette question est une innovation. » S’il disait : « Je recherche le savoir. Je ne veux qu’aucun attribut de mon Seigneur me demeure caché ; je veux donc savoir comment Il l’a créé », nous lui dirions : « Nous allons te poser quelques questions toutes simples. Es-tu plus soucieux d’acquérir le savoir que les Compagnons — qu’Allah les agrée ? » Il lui faudra répondre soit oui, soit non, et il est à prévoir qu’il répondra non.
Celui à qui tu adresses cette question connaît-il mieux la modalité des attributs d’Allah — glorifié et exalté soit-Il —, ou bien le Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve ? Il répondra : « Le Messager. » Les Compagnons étaient donc plus soucieux que toi d’acquérir le savoir, et celui qu’ils auraient pu interroger était plus savant que celui que tu interroges. Pourtant, ils ne posèrent pas cette question, car ils observaient les convenances dues à Allah — glorifié et exalté soit-Il. Ils se disaient en leur cœur — et peut-être même de vive voix — qu’Allah est trop sublime et trop grand pour que notre entendement et notre raison puissent cerner les modalités de Ses attributs. Allah — glorifié et exalté soit-Il — dit dans Son Livre, pour ce qui relève de la connaissance rationnelle : ﴿ Ils ne peuvent Le cerner par leur science ﴾ [Tā-Hā : 110] ; et pour ce qui relève de la perception sensible : ﴿ Les regards ne peuvent Le saisir, tandis que Lui saisit tous les regards ﴾ [Les Bestiaux : 103]. Nous disons donc : mon frère, conforme-toi donc