présente plus ni creux ni saillie. Les montagnes seront pulvérisées ; il ne subsistera ni construction ni arbre, et la terre sera étendue comme on étend une peau. Tous les hommes se trouveront en un même lieu : l’appel du héraut les atteindra tous et le regard les embrassera tous. Ce jour-là, ﴿ l’homme se souviendra. Mais à quoi lui servira ce rappel ? Il dira : “Hélas ! Si seulement j’avais accompli de bonnes œuvres pour ma véritable vie !” ﴾ Mais il sera alors trop tard. Ici-bas, en effet, nous sommes dans le domaine de l’action et bénéficions encore d’un délai durant lequel l’homme peut œuvrer en vue de sa demeure future. Ainsi le croyant de la famille de Pharaon dit-il : ﴿ Ô mon peuple ! Cette vie d’ici-bas n’est qu’une jouissance passagère, tandis que l’au-delà est la demeure permanente. ﴾ [Le Pardonneur : 39]. C’est une jouissance dont l’homme profite comme le voyageur profite de ses provisions jusqu’au terme de son voyage. Ainsi en est-il de ce bas monde.
Juge donc de ce qui vient à l’aune de ce qui s’est écoulé : tout ce qui est passé semble n’avoir duré qu’une heure du jour, comme si nous venions à peine d’être créés. De même, ce qui est à venir passera rapidement et disparaîtra tout entier. Le voyage s’achèvera dans un autre lieu, qui n’est pourtant pas une demeure permanente : les sépulcres et les tombes. Malgré cela, celles-ci ne sont pas un lieu de résidence définitif, conformément à la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿ La course aux richesses vous distrait, jusqu’à ce que vous visitiez les tombes. ﴾ [La Course aux richesses : 1, 2]. Un Bédouin entendit un homme réciter ce verset et déclara : (Par Allah, celui qui visite ne demeure pas sur place ; il faudra donc nécessairement quitter ce lieu.) Il s’agit là d’une déduction pénétrante et d’une bonne compréhension, que viennent confirmer de nombreux versets explicites, comme la parole d’Allah — exalté soit-Il — : ﴿ Puis, après cela, vous mourrez. Puis, au Jour de la Résurrection, vous serez ressuscités. ﴾ [Les Croyants : 15, 16].
Allah — exalté soit-Il — mentionne ensuite ce qui se produira ce jour-là : ﴿ Ton Seigneur viendra ainsi que les anges, rang après rang ﴾, c’est-à-dire un rang derrière l’autre. ﴿ Ton Seigneur viendra ﴾ : il s’agit bien de la venue d’Allah Lui-même — glorifié et exalté soit-Il —, car le verbe Lui est attribué. Or, tout acte attribué à Allah est accompli par Lui, et non par un autre. Telle est la règle de la langue arabe. Quant à la règle relative aux noms et attributs d’Allah, elle veut que tout ce qu’Allah S’attribue soit bien le Sien propre, et non celui d’un autre. Celui qui viendra est donc Allah — glorifié et exalté soit-Il —, contrairement à la déformation qu’en ont faite ceux qui nient les attributs divins en affirmant que ce qui viendra, c’est l’ordre d’Allah. C’est là détourner les paroles de leur sens apparent sans aucune preuve. Notre croyance veut donc que