et humilié, qu’Il ne lui a pas accordé la même subsistance qu’à untel et ne l’a pas honoré comme Il a honoré untel. Ainsi, dans l’aisance, il ne se montre pas reconnaissant, mais s’admire lui-même et affirme : « Cela me revient de droit. » Dans l’adversité, il ne patiente pas ; au contraire, il proteste contre son Seigneur et dit : ﴿ Mon Seigneur m’a humilié. ﴾ Tel est l’état de l’homme considéré du seul point de vue de sa nature humaine. Le croyant, lui, n’est pas ainsi. Lorsqu’Allah l’honore et le comble de bienfaits, il remercie son Seigneur et considère qu’il s’agit là d’une faveur et d’un bienfait venant d’Allah — puissant et majestueux soit-Il —, non d’un honneur qui lui aurait été accordé parce qu’il le méritait. Et lorsqu’Allah — puissant et majestueux soit-Il — l’éprouve en lui restreignant sa subsistance, il patiente en espérant Sa récompense et dit : « Cela est dû à mon péché. Le Seigneur — puissant et majestueux soit-Il — ne m’a ni humilié ni lésé. » Il se montre ainsi patient dans l’épreuve et reconnaissant dans l’aisance.
Ces deux versets indiquent que l’homme doit faire preuve de discernement et se demander, par exemple : « Pourquoi Allah m’a-t-Il accordé des richesses ? Qu’attend-Il de moi ? Il attend de moi que je sois reconnaissant. Pourquoi Allah m’a-t-Il éprouvé par la pauvreté, la maladie ou une chose semblable ? Il attend de moi que je patiente. » Qu’il se demande donc des comptes à lui-même afin de ne pas adopter l’attitude propre à la nature humaine, fondée sur l’ignorance et l’injustice. C’est pourquoi Allah — exalté soit-Il — dit : ﴿ Non ! ﴾ Cela signifie qu’Il ne t’a pas accordé ce qu’Il t’a donné pour t’honorer parce que tu le méritais ; ce n’était qu’une faveur de Sa part. De même, Il ne t’a pas humilié lorsqu’Il a restreint ta subsistance : cela procède plutôt de Sa sagesse et de Sa justice.
Puis Allah — exalté soit-Il — dit : ﴿ Bien au contraire, vous n’honorez pas l’orphelin. ﴾ Cela signifie que, lorsqu’Allah — puissant et majestueux soit-Il — vous comble de bienfaits, vous ne témoignez aucune sollicitude à ceux qui méritent d’être honorés, à savoir les orphelins. Le terme « l’orphelin » est ici un nom générique : il ne désigne pas un seul orphelin, mais l’ensemble des orphelins. Les savants définissent l’orphelin comme le garçon ou la fille dont le père est mort avant qu’il ou elle n’atteigne la puberté. Celui dont la mère est morte n’est, quant à lui, pas considéré comme orphelin. La parole d’Allah — exalté soit-Il — ﴿ l’orphelin ﴾ englobe les orphelins pauvres comme les riches, car il convient de leur faire du bien et de les honorer. En effet, la perte de leur père les a privés de celui qui veillait à leurs intérêts et leur a brisé le cœur. Allah — exalté soit-Il — a donc recommandé de bien les traiter afin que cette blessure soit pansée.
﴿ Et vous ne vous encouragez pas mutuellement à nourrir le pauvre. ﴾ Cela signifie que vous ne vous incitez pas les uns les autres à nourrir le pauvre. Or, si l’homme n’y incite pas autrui,