: ﴿ Elle est meilleure que mille mois. ﴾ Il a dit également : ﴿ Nous l’avons fait descendre durant une nuit bénie. Nous avons toujours averti. En cette nuit est tranché tout ordre empreint de sagesse. ﴾ [La Fumée : 3, 4]
Cet avis est plus probant que le premier, bien que ce dernier soit celui de la majorité. En effet, le libellé du verset n’étaye pas l’avis de la majorité. C’est donc le second avis qui prévaut : il s’agit des dix dernières nuits de Ramadan. Allah a juré par elles en raison de leur noblesse, parce qu’elles comprennent la Nuit du Destin et parce que les musulmans achèvent avec elles le mois de Ramadan, durant lequel ils accomplissent l’une des obligations de l’islam et l’un de ses piliers. Voilà pourquoi Allah a juré par ces nuits.
Quant à Sa parole : ﴿ Par le pair et l’impair ! ﴾, certains ont dit qu’elle désigne l’ensemble de la création, car les créatures relèvent soit du pair, soit de l’impair. Allah — exalté soit-Il — dit : ﴿ De toute chose Nous avons créé un couple. ﴾ [Ceux qui éparpillent : 49] Les actes d’adoration sont eux aussi accomplis en nombre pair ou impair. Le pair et l’impair désigneraient donc tout ce qui, parmi les créatures, est pair ou impair, ainsi que tout acte religieusement prescrit comportant un nombre pair ou impair. Selon un autre avis, le pair désigne l’ensemble des créatures, tandis que l’impair désigne Allah — exalté soit-Il —, l’Unique.
Sachez que le terme traduit ici par « l’impair » admet deux lectures authentiques : witr et watr. Ainsi, que l’on dise « Par le pair et le witr » ou « Par le pair et le watr », les deux lectures sont correctes. Ils ont donc dit que le pair désigne la création, puisque toutes les créatures ont été constituées en couples : ﴿ De toute chose Nous avons créé un couple. ﴾ Quant au watr ou au witr, il désigne Allah, conformément à la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue : « Allah est Unique et aime ce qui est impair. » (1)
Lorsqu’un verset peut admettre deux sens qui ne se contredisent pas, il convient de le comprendre selon tous les sens qu’il peut recevoir. Tel est un principe de la science de l’exégèse : lorsqu’un verset peut admettre deux sens dont aucun ne contredit l’autre, il doit être compris selon les deux à la fois.
Le Très-Haut a dit : ﴿ Par la nuit lorsqu’elle chemine ! ﴾ Allah a juré