les savants l’auraient rappelé. » Le rappel est donc indispensable, tout comme la diffusion de la charia, qu’il en résulte ou non un profit.
Allah — exalté soit-Il — indiqua ensuite qui tirera profit du rappel et qui ne s’en souciera pas : ﴿ Celui qui craint Allah se laissera rappeler, tandis que le plus malheureux s’en détournera. ﴾ Il montra ainsi que, face au rappel, les gens se divisent en deux catégories :
La première est celle de l’homme qui craint Allah — exalté soit-Il — d’une crainte fondée sur la connaissance de la grandeur du Créateur — glorifié et exalté soit-Il. Lorsqu’on lui rappelle les versets de son Seigneur, il en tire leçon, comme Allah — exalté soit-Il — le dit en décrivant les serviteurs du Tout Miséricordieux : ﴿ Ceux qui, lorsqu’on leur rappelle les versets de leur Seigneur, ne restent ni sourds ni aveugles devant eux. ﴾ [al-Furqān : 73]. Celui qui craint et redoute Allah se laisse donc exhorter lorsqu’on lui rappelle les versets d’Allah, et il en tire profit.
Quant à la seconde catégorie, Allah dit à son sujet : ﴿ tandis que le plus malheureux s’en détournera. ﴾ Autrement dit, le plus malheureux se détourne de ce rappel et n’en tire aucun profit. L’expression « le plus malheureux » est ici un superlatif dérivé du malheur, lequel est le contraire du bonheur, comme dans la sourate Hūd : ﴿ Quant aux malheureux, ils seront dans le Feu. ﴾ [Hūd : 106]. ﴿ Quant aux bienheureux, ils seront dans le Paradis. ﴾ [Hūd : 108]. Celui qui est marqué par le malheur se détourne donc du rappel et n’en tire aucun profit. Le plus malheureux est celui qui a atteint le degré extrême du malheur : il s’agit du mécréant. En effet, le mécréant reçoit le rappel, mais n’en tire aucun profit. C’est pourquoi Allah dit : ﴿ qui brûlera dans le Feu suprême, où il ne mourra ni ne vivra. ﴾ Celui qui brûlera dans le Feu qualifié de « suprême » brûlera dans le feu de la Géhenne, car le feu de ce monde est moindre en comparaison. Il est en effet authentiquement rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille et le salue — que « le feu de ce monde est une part sur soixante-dix du feu de l’au-delà » (1). Cela signifie que le feu de l’au-delà surpasse celui de ce monde de soixante-neuf parts. Par le feu de ce monde, il faut entendre tout feu terrestre, jusqu’au plus intense qui puisse s’y trouver : le feu de l’au-delà le surpasse de soixante-neuf parts. C’est pourquoi Allah l’a qualifié en ces termes : ﴿ le Feu suprême. ﴾ Puis, lorsqu’il y brûlera, ﴿ il ne