le ramènerait cent chameaux, et à quiconque le ramènerait avec Abū Bakr, deux cents chameaux. C’était là une récompense considérable. Ils parvinrent ainsi jusqu’à la grotte où se trouvaient le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et Abū Bakr. Or, nous savons tous que, lorsqu’une personne se trouve dans une grotte dont l’entrée est ouverte, elle est normalement visible. Pourtant, ils ne virent ni le Prophète — qu’Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille et leur accorde la paix — ni Abū Bakr — qu’Allah l’agrée —. Celui-ci dit alors : « Ô Messager d’Allah ! Si l’un d’eux regardait vers ses pieds, il nous apercevrait. » Le Prophète répondit : « Ne t’afflige pas, Allah est avec nous. Que penses-tu de deux hommes dont Allah est le troisième ? » (1) Abū Bakr fut alors rassuré.
Ces hommes qui se tenaient devant la grotte ne souffraient d’aucune déficience de l’ouïe, de la vue ou de l’intelligence. Mais Allah les empêcha de voir le Prophète — qu’Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille et leur accorde la paix — et son compagnon. Ne vous étonnez donc pas qu’il soit passé au milieu des dix jeunes hommes, comme le rapportent les historiens, tout en répandant de la poussière sur leurs têtes et en récitant : ﴿ Nous avons placé une barrière devant eux et une autre derrière eux, puis Nous les avons recouverts d’un voile, si bien qu’ils ne voient pas. ﴾
Allah — exalté soit-Il — dit également dans la sourate Al-Anfāl : ﴿ Et lorsque ceux qui avaient mécru tramaient contre toi afin de t’emprisonner ﴾, c’est-à-dire de te retenir captif, ﴿ de te tuer ou de t’expulser. Ils tramaient, et Allah déjouait leur ruse. Allah est le meilleur de ceux qui déjouent les ruses. ﴾ [Al-Anfāl : 30]. ﴿ Ils ourdissent leurs stratagèmes, et Moi aussi J’ourdis Mon stratagème. ﴾ Puis Il — puissant et majestueux — dit : ﴿ Accorde donc un délai aux mécréants ; accorde-leur un court répit. ﴾ Les termes mahhil (« accorde un délai ») et amhil (« accorde-leur un répit ») ont le même sens : attends en leur accordant un délai, mais non un long délai. Ruwaydan signifie « un peu » ; ce terme est le diminutif de rawd ou d’irwād, et désigne ici une courte durée.
Ce verset renferme une menace adressée à Quraysh, un réconfort pour le Messager — qu’Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille et leur accorde la paix — et la promesse qu’il obtiendrait la victoire. Les événements se déroulèrent comme Allah — puissant et majestueux — l’avait annoncé : le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — les quitta en émigrant, puis des guerres l’opposèrent à eux et, au cours de la deuxième année de l’Hégire, furent tués, parmi les plus redoutables hommes de Quraysh