le cinquième » (1), selon la part que tu en as accomplie en pleine conscience. Ainsi, les cœurs passent d’un état à un autre. Puis Allah — exalté soit-Il — dit : ﴿ Qu’ont-ils donc à ne pas croire et à ne pas se prosterner lorsque le Coran leur est récité ? ﴾
﴿ Qu’ont-ils donc ? ﴾ Autrement dit : qu’est-ce qui les empêche de croire ? Que leur en coûterait-il de croire en Allah et au Jour dernier, et de dépenser de ce qu’Allah leur a attribué ? Qu’est-ce qui les empêche de croire, et quel tort cela leur ferait-il ? Le croyant de la famille de Pharaon déclara : ﴿ Allez-vous tuer un homme parce qu’il dit : “Mon Seigneur est Allah”, alors qu’il vous a apporté des preuves évidentes venant de votre Seigneur ? S’il ment, son mensonge retombera sur lui ; mais s’il dit vrai, une partie de ce dont il vous menace vous atteindra. ﴾ [Ghāfir : 28]. Que risque donc l’homme à croire ?
C’est pourquoi Allah leur adresse ce reproche : ﴿ Qu’ont-ils donc à ne pas croire et à ne pas se prosterner lorsque le Coran leur est récité ? ﴾ Cela signifie qu’ils ne se soumettent pas à Allah — glorifié et exalté soit-Il. Ici, la prosternation désigne donc la soumission à Allah. Même si tu ne te prosternes pas à terre, ton cœur, lui, se prosterne, s’attendrit et s’humilie. Si tel est ton état, tu es du nombre des croyants : ﴿ Lorsque Ses versets leur sont récités, cela accroît leur foi. ﴾ [al-Anfāl : 2].
En revanche, si ton cœur n’est pas ainsi, tu présentes une ressemblance avec les polythéistes qui ne se prosternent pas lorsque le Coran leur est récité. L’un des signes de la soumission à Allah — glorifié et exalté soit-Il — lors de la récitation du Coran consiste, lorsque l’on récite un verset de prosternation, à se prosterner devant Allah avec humilité et soumission.
Certains savants ont déduit de ce verset le caractère obligatoire de la prosternation de récitation. L’un d’eux a affirmé que celui qui passe par un verset de prosternation sans se prosterner commet un péché. L’avis juste est toutefois qu’elle n’est pas obligatoire, bien que l’obligation soit l’avis d’Abū Hanīfa et celui retenu par le Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde. Cet avis demeure néanmoins moins fondé. En effet, il est authentiquement rapporté que le Commandeur des croyants, Umar ibn al-Khattāb — qu’Allah l’agrée — prononça un jour un sermon devant les gens et récita la sourate al-Nahl. Arrivé au verset de prosternation, il descendit de la chaire et se prosterna. Le vendredi suivant, il récita de nouveau cette sourate, mais passa ce verset sans se prosterner. Il déclara alors — qu’Allah l’agrée — : « Allah ne nous a pas