— Puissant et Majestueux —, constamment avec Lui et attaché à Lui — glorifié et exalté soit-Il —. Il considère ce bas monde tout entier comme un moyen d’adorer Allah et de Lui obéir. Il le met donc à profit pour réaliser pleinement sa servitude envers Allah — Puissant et Majestueux —, car ce bas monde a été créé pour lui, sans que ce soit lui qui se mette à son service. Tel est le plus élevé des états. Quant à ceux qui sont attachés à ce bas monde, ils se mettent à son service et s’épuisent à l’acquérir.
Ceux qui œuvrent pour l’au-delà, en revanche, mettent ce bas monde à leur service, et celui-ci les sert. Ils n’en acquièrent donc les biens que par des voies agréées par Allah et ne les dépensent que dans ce qu’Allah — Puissant et Majestueux — agrée. Ils ont ainsi mis ce bas monde à leur service, tant dans l’acquisition que dans la dépense. À l’inverse, ceux que ce bas monde épuise passent leurs nuits éveillés à vérifier les registres, les chèques, les dépenses, les paiements, ainsi que tout ce qu’ils ont perçu et dépensé. En réalité, ce bas monde les a mis à son service, tandis qu’eux ne l’ont pas mis au leur. Mais l’homme serein auquel Allah a accordé une subsistance suffisante pour se passer d’autrui, sans qu’elle lui impose une peine qui le détourne de l’obéissance à Allah, voilà celui que ce bas monde a servi.
Tels sont les états des cœurs, et ils sont les plus importants des quatre états. C’est pourquoi nous devons tous examiner nos cœurs à toute heure et à chaque instant : « Vers quoi as-tu été détourné, ô cœur ? Où es-tu parti ? Pourquoi te détournes-tu d’Allah ? Pourquoi regardes-tu à droite et à gauche ? » Cependant, Satan circule dans le fils d’Adam comme le sang, et il a pris le dessus sur bien des gens. Ainsi, l’homme se laisse distraire jusque dans sa prière, qui constitue son bien le plus précieux après les deux attestations de foi. Lorsqu’il commence à prier, son cœur part à droite et à gauche, si bien qu’il achève sa prière sans en avoir rien saisi.
Les gens s’écrient : « Notre prière ne nous préserve ni de la turpitude ni du blâmable ! Où est donc la promesse d’Allah ? » On leur répond : « Mon frère, ta prière mérite-t-elle vraiment ce nom si, dès que tu prononces le takbīr, la porte d’un flot sans fin de pensées vagabondes s’ouvre devant toi ? Es-tu alors véritablement en prière ? Tu as prié avec ton corps, mais non avec ton cœur. »
On dit également à de telles personnes : « La prière qui préserve de la turpitude et du blâmable est celle dans laquelle le fidèle comprend ce qu’il récite du Coran, des formules de rappel et de glorification ainsi que des invocations, et veille à accomplir correctement ses inclinaisons et ses prosternations, avec recueillement et sérénité. Quant à la prière dans laquelle le cœur erre de vallée en vallée et dont le fidèle sort sans même savoir ce qu’il a récité, elle ne le préserve ni de la turpitude ni du blâmable. » C’est pourquoi le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a déclaré : « Il ne te revient de ta prière que la part que tu en as accomplie en pleine conscience : la moitié, le quart, le tiers, le dixième,