accomplit, quant à lui, une œuvre qui suscite la colère d’Allah. Malgré cela, il finira lui aussi auprès d’Allah, glorifié et exalté soit-Il.
Ainsi, Sa parole : ﴿Ô homme !﴾ englobe tout être humain, croyant ou mécréant. ﴿Tu peines sans relâche vers ton Seigneur, puis tu Le rencontreras.﴾ Les grammairiens expliquent que la lettre fā’ indique ici la succession immédiate : tu Le rencontreras donc prochainement. ﴿Ce qui vous est promis arrivera certainement.﴾ [Les Bestiaux : 134]. Or, tout ce qui doit venir est proche. ﴿Et qui sait ? L’Heure est peut-être proche.﴾ [La Consultation : 17].
Si tu veux comprendre à quel point la rencontre avec le Seigneur, glorifié et exalté soit-Il, est proche, considère les années de ta vie déjà écoulées. Quand bien même tu aurais vécu cent ans, ces années te sembleraient n’avoir duré qu’une heure. Tout ce qui s’est écoulé de nos vies nous paraît n’avoir été qu’une heure.
Cette rencontre est donc proche. Puis, lorsque l’homme meurt, le barzakh — la période intermédiaire entre la vie d’ici-bas et l’au-delà — lui paraît extrêmement bref, comme un instant. Lorsqu’une personne dort paisiblement — supposons qu’elle dorme vingt-quatre heures —, elle estime à son réveil n’avoir dormi qu’une seule minute, alors qu’elle a dormi vingt-quatre heures. Si, lors de cette séparation de l’âme qui survient au cours de la vie, le temps passe avec une telle rapidité, qu’en sera-t-il lorsque l’âme, après avoir quitté le corps, sera absorbée soit dans la félicité, soit dans le châtiment de l’Enfer ? Les années passeront alors pour l’homme comme si elles n’étaient rien.
En effet, le temps ne s’écoule pas de la même manière lorsque nous sommes éveillés et lorsque nous dormons. Celui qui reste éveillé du lever du soleil jusqu’à son passage au zénith trouve le temps long ; mais s’il avait dormi, cette durée ne lui aurait pour ainsi dire semblé rien. Ainsi, à celui qu’Allah fit mourir pendant cent ans avant de le ressusciter, ﴿Il demanda : “Combien de temps es-tu resté ainsi ?” Il répondit : “Je suis resté un jour, ou une partie d’un jour.”﴾ (La Vache : 259).
De même, les gens de la Caverne demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, auxquels s’ajoutèrent neuf années. Lorsqu’ils furent réveillés, ils se demandèrent les uns aux autres : « Combien de temps êtes-vous restés ? » Ils répondirent : « Nous sommes restés un jour, ou une partie d’un jour. » Cela explique pourquoi l’homme s’étonne et se demande comment toutes ces années peuvent passer pour les morts. Nous répondons : oui, toutes ces années ne leur paraissent durer qu’une seule minute, car l’état de l’homme après que son âme s’est séparée de son corps — que cette séparation soit totale ou partielle — est différent de